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Organisateurs politiques anonymes

L'auteur, à droite, alors en compagnie de l'agente... (Photo Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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L'auteur, à droite, alors en compagnie de l'agente officielle Rose-Ange Trottier. discute avec Simon Lafrance, lors de la campagne électorale de 2008.

Photo Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

Simon Lafrance

L'auteur est conseiller principal chez Stratageum et a travaillé à des campagnes électorales à tous les niveaux au Canada, aux États-Unis et en Afrique.

«Ton chum, dans le fond, il est comme un jeune Bernard Trépanier.»

Voilà un rapprochement auquel se risquait récemment, sans malice, un collègue de travail de ma conjointe en faisant référence à la commission Charbonneau et à mon rôle occasionnel de conseiller auprès de divers politiciens. Le contexte médiatique actuel me pousserait normalement à rire bêtement et à me réfugier dans l'anonymat et la repentance.

Très peu pour moi.

Je suis un stratège politique, un organisateur électoral et je crois non seulement qu'il en faut comme moi, mais qu'il en faut plus et de meilleurs. Je suis convaincu du bien-fondé de mon rôle et persuadé qu'il y a plus que jamais de la place pour des conseils avisés s'adressant aux individus et aux organisations souhaitant mieux performer au plan de leur campagne, de la sensibilisation à leur cause, de la mobilisation citoyenne nécessaire pour gagner.

Depuis des mois, on voit défiler devant la commission Charbonneau des individus louches, moins crédibles les uns que les autres, qui tentent de s'approprier un rôle politique, rôle que des gens influents leur ont trop souvent laissé jouer. À coup de double comptabilité, de vente sous pression, d'enveloppes bourrées de billets, de menaces, de rémunération de «bénévoles», de détournement de fonds, ces opérateurs de l'ombre devenus amuseurs publics tentent d'amalgamer leur fonction de porteurs de valises à celle de professionnels politiques.

On se demande trop rarement quelles compétences politiques ont ces gens. Ont-ils une formation pertinente, ou leur suffit-il de noyer une élection sous le fric pour mériter de s'approprier une victoire? Défendent-ils des idées, ou ne sont-ils que les pions dans une guerre entre intérêts bien au-dessus de leur tête? Le problème est-il d'aider un candidat à gagner, ou de le faire de manière déloyale, puis de se servir de ce dernier pour passer soi-même ou faire passer un client à la caisse une fois l'élu en poste?

Je l'ai vue aux États-Unis lors des deux campagnes présidentielles de Barack Obama, je l'ai sentie après le printemps arabe en Tunisie, je l'ai vécue tant de fois ici: l'énergie de centaines de bénévoles canalisée par des dizaines d'opérateurs politiques et orientée dans un objectif clair, celui de faire gagner un candidat qui nous inspire, de faire triompher une cause qui nous est chère. 

Voilà ce à quoi je m'emploie. Je développe des outils pour mieux comprendre l'électorat, j'active mes réflexes pour réagir plus vite à l'actualité, je stimule (par moment) et calme (souvent) les candidats afin de les aider à devenir meilleurs.

Le problème des élections «clés en main» n'est pas qu'elles soient bien structurées, mais qu'elles le soient par des gens qui n'ont rien en commun avec la démocratie.

Une nouvelle génération d'organisateurs politiques mûrit au Québec, elle travaille véritablement pour faire fonctionner tous les rouages complexes d'une campagne électorale, et non simplement pour débarquer en mission commandée et tricher jusqu'à ce que le résultat plaise au patron.




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