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Féministe et pro-vie

La fondatrice de Women on Waves, une ... (Photo Roslan Rahman, AFP)

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La fondatrice de Women on Waves, une organisation à but non lucratif visant à faciliter l'accès à l'avortement, utilisait depuis des mois comme photo d'accueil sur sa page Facebook une image présentant la procédure déclencher un avortement par voie médicamenteuse.

Photo Roslan Rahman, AFP

Maude St-Laurent

L'auteure est étudiante en science politique.

Peut-on être féministe et contre l'avortement? Je suis pour l'égalité absolue entre les deux sexes. Mais peut-on encore parler d'égalité quand un père n'a aucun mot à dire sur la naissance de son enfant? Oui, je suis pour le libre choix des femmes d'étudier, de se marier, d'avoir des enfants - ou pas, en ayant notamment recours aux moyens de contraception -, mais pour l'avortement, ça non.

Plusieurs femmes, au cours des siècles passés, ont fait des avancés formidables pour nous permettre d'acquérir certains droits. Cependant je crois profondément que le «libre choix» doit s'exercer avant la conception de l'enfant. Le «choix» des femmes ne devrait pas passer avant le droit de la vie de l'enfant (ou l'amas de cellules).

Pour certains, cela peut sembler un paradoxe d'être pro-vie et féministe à la fois. Cependant, j'ai été atterrée par le reportage de La Presse sur le gynécide et la sexosélection dans certains pays du monde. Il semblait y avoir un consensus selon lequel on devrait interdire l'avortement sur la base du sexe de l'enfant. Je suis tout à fait d'accord. Je me demande s'il y a une réelle différence entre deux femmes qui se font avorter d'un foetus féminin, l'une parce qu'elle connait le sexe de l'enfant et qu'elle tient absolument à avoir un garçon, et l'autre, parce qu'elle préfère se concentrer sur sa carrière et ne pas avoir d'enfant pour le moment.

Au bout du compte, le résultat est le même: il y a avortement. Quelles raisons sont légitimes pour poser un tel geste? Peut-on juger qu'une femme a raison parce qu'elle préfère sauver l'honneur de la famille et l'autre non? Et surtout, si l'avortement est un tel bienfait pour les femmes, pourquoi éprouvent-elles tant de culpabilité par après?

Tout en condamnant l'avortement sélectif, on louange le Dr Henry Morgentaler, qui, je le reconnais, a changé la face du Canada. Bien sûr, c'était un homme courageux et plein de conviction, mais a-t-il fait évoluer les choses pour le mieux? Pourquoi un tel refus de la part de la communauté médiatique et des élus politiques de remettre en question l'avortement, d'évaluer, avec le recul, si oui ou non cela a eu des effets bénéfiques pour la société québécoise?

Le Dr Morgentaler affirme que s'il a mené son combat, c'était pour que chaque enfant puisse être désiré par ses parents au moment de sa naissance. Je ne suis pas d'accord. Je ne pense pas qu'un enfant ait besoin d'être désiré pour pouvoir exister. Je repense à cette femme indienne dans le reportage d'Isabelle Hachey qui a recueilli une quarantaine de fillettes abandonnées à la naissance. Toutes ces petites ont été rejetées et, pourtant, on voit qu'elles sont heureuses et qu'elles ne demandent qu'une chose, vivre.




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