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Un profond malaise humanitaire

Les acteurs Val Kilmer et Mia Farrow en... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Les acteurs Val Kilmer et Mia Farrow en compagnie du fondateur du Sommet du millénaire, Daniel Germain.

Photo: André Pichette, La Presse

Réjean Bergeron
L'auteur est philosophe. Il habite Montréal.

Il y a quelques jours, je regardais les images et j'écoutais les propos qui nous parvenaient du Sommet du millénaire et ce que je ressens est un profond malaise humanitaire devant ce triste cirque médiatique.

Est-ce là la nouvelle façon de faire de l'action humanitaire, que je me dis? Aider les pauvres et en parler est-il devenu une seule et même chose? Et pourquoi toutes ces vedettes, ces comédiens et chanteurs, ce faste et surtout, surtout, ces discours vides et tellement vertueux sur les pauvres et les déshérités de ce monde? Il suffisait d'écouter les propos de notre gouverneur général, de Patrick Huard et de notre ineffable ministre de l'Éducation... Des concepts vides, éculés, des généralités et des lieux communs, des voeux pieux qui ne font en rien progresser le débat sur l'humanitaire et qui ne changent nullement le sort des démunis.

Vouloir, à distance, dans notre confort douillet d'occidentaux, régler le sort des plus pauvres des pauvres et à leur place, n'est-ce pas là la toute dernière forme d'un impérialisme culturel que l'on croyait mort et enterré?

Et s'en tenir à l'idée que les pays riches doivent donner plus aux pays pauvres sans questionner le modèle économique et politique qui se retrouve à la base même de ce geste de piété et de générosité, c'est fermer les yeux sur 50 ans d'échec en matière d'aide humanitaire. Misère...

Ici, une Ima qui, dans une robe scintillante, tente de nous faire verser une larme en interprétant Imagine de John Lennon. Là, une Ginette Reno qui essaie d'en faire autant. Et Mia Farrow et Val Kilmer et la duchesse d'York - ce n'est pas rien! Mais qu'est-ce qui pousse le responsable de ce Sommet à jumeler des concepts aussi antinomiques et contradictoires? Daniel Germain est-il à ce point tiraillé par la mauvaise conscience, le sentiment de culpabilité et le désir malsain d'être reconnu et aimé à tout prix par ceux qu'il considère comme les «grands» de ce monde? Questionnez-le sur le format de son Sommet et fuyant, il vous parlera alors de son oeuvre honorable et salvatrice que représentent ses Petits déjeuners.

Ce que j'espère maintenant, c'est que les responsables de ce Sommet auront tout de même la lucidité de faire effectuer un sondage afin d'établir avec précision le degré de dégoût que leur événement a pu susciter dans la population du Québec, ce qui leur permettrait ainsi de corriger le tir pour les années à venir.

D'ici là, il faut espérer que cette kermesse aux allures de fête foraine de mauvais goût n'aura pas pour effet de freiner la générosité de la population lorsqu'elle est sollicitée par les différents organismes humanitaires et communautaires du Québec qui, eux, font un travail réel et honnête sur le terrain.

 

 




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