Le MBA de Rémy Marchand, complété au début des années 2000 au campus de Laval de l'ESG UQAM, peut se comparer à une immense montagne à surmonter. L’ingénieur spécialisé en gestion du trafic aérien jongle alors avec une nouvelle promotion et un bébé tout neuf à la maison. Aujourd’hui directeur des solutions ATM pour l’entreprise Adacel, il répéterait l’expérience sans hésiter.

Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre un MBA ?

Je venais d’être nommé chef de service chez CAE, après avoir travaillé du côté technique pendant les neuf premières années de ma carrière. J’étais rendu à une étape où je me tournais vers la gestion. Je voulais ajouter des concepts et des connaissances que je n’avais pas à ce moment-là.

Le MBA est reconnu comme un programme exigeant, mais vous l’avez en plus réalisé dans une période mouvementée de votre vie. Comment avez-vous vécu cela ?

Honnêtement, je dis souvent qu’après les deux ans de formation, j’étais plus âgé que je le suis aujourd’hui ! J’ai choisi à peu près le pire moment dans ma vie pour le faire.

On avait un jeune enfant, William, qui n’avait que 6 mois quand j’ai décidé de faire mon MBA. Ç’a été beaucoup de compromis. Ma femme a dû s’occuper de notre fils pendant que j’étais aux études. Si je recommençais ma carrière, je referais un MBA, mais pas au même moment. Mais bon, on y est arrivés.

Qu’est-ce que le MBA vous a apporté concrètement ?

Je crois que le plus grand bénéfice que j’en retire est de désormais comprendre les aspects financiers d’une entreprise. Encore aujourd’hui, un de mes points forts chez Adacel, c’est que je saisis comment les finances fonctionnent. C’est un grand avantage pour moi. J’ai aussi démystifié la gestion des opérations et de la logistique, deux choses qui ne m’étaient pas familières.

Comme j’ai fait un baccalauréat en génie électrique, ce ne sont pas des notions que j’avais vraiment approfondies auparavant.

Vous avez occupé divers postes de direction depuis l’obtention de votre titre. Est-ce que le MBA vous a permis d’accélérer votre carrière ?

C’est difficile de faire une équation directe entre mon MBA et ma carrière. Je crois que le MBA complète bien la formation d’ingénieur. J’ai été directeur pas longtemps après ma maîtrise, alors ça a sûrement aidé. Je peux dire que quand j’ai quitté CAE en 2012 et que je cherchais un emploi, le MBA était un des éléments prisés par les entreprises.

L’équipe d’Adacel m’a par exemple posé des questions sur mon MBA durant le processus d’embauche. Ils voulaient savoir ce que ça m’apportait, comment ça allait me servir dans mon emploi.

Depuis deux ans, vous êtes directeur des solutions ATM chez Adacel, une entreprise qui crée des systèmes de contrôle du trafic aérien. Comment appliquez-vous les leçons apprises au MBA dans votre poste actuel ?

Comme directeur, je suis pratiquement responsable d’un P&L [NDLR de l’anglais profit and loss account, on le traduit généralement par compte de résultat]. Je suis impliqué dans les coûts, les revenus et les marges de profit pour l’ensemble des projets qui ont affaire avec les systèmes dont je suis responsable.

Ce sont des notions que j’ai apprises durant mon MBA. La formation m’aide de façon concrète à comprendre des concepts, les grandes lignes de la gestion et de la production, même dans d’autres départements.