L'école doit s'adapter aux parents de la génération Y

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« La volonté des Y de participer pleinement à la réussite éducative de leurs enfants est un grand atout sur lequel la société doit miser pour orienter l'avenir de notre système scolaire », estiment les auteurs.

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Raymond Villeneuve et Marie Rhéaume*

Cet automne, des réflexions ont lieu simultanément pour orienter le développement futur des services éducatifs à la petite enfance et pour doter le Québec d'une nouvelle politique de réussite éducative. Pour la première fois, les responsabilités de la famille et de l'éducation ont été confiées au même ministre.

Pour notre organisme, le Réseau pour un Québec famille, il est clair que la participation des parents est un des déterminants les plus importants de la réussite éducative des enfants.

Or, l'école fonctionne encore avec des règles qui ont été établies il y a 50 ans et qui ne sont plus adaptées aux réalités des familles.

À l'occasion des consultations nationales sur la réussite éducative qui ont eu lieu à Québec les 1er et 2 décembre, le Réseau pour un Québec famille a proposé que nous regardions les enjeux de la réussite éducative à travers la perspective des parents d'aujourd'hui.

Tout comme ce fut le cas à la fin des années 60, une nouvelle génération est sur le point d'imposer ses valeurs à la société. Les membres de la génération Y, les millennials, sont pratiquement aussi nombreux que les baby-boomers. Au Canada, les citoyens de la génération silencieuse (1925-1945) sont 4,5 millions, les baby-boomers (1946-1964) sont 9,5 millions, ceux de la génération X (1965-1980) sont 6,2 millions et ceux de la génération Y (1980-2000) sont 8,9 millions.

Les baby-boomers ont inventé une société où les services communs, la résolution des problèmes sociaux, le partage de la richesse ont été confiés à l'État. Notre système scolaire, conçu à cette époque, correspondait bien à cette vision de la société. Les baby-boomers ont souhaité confier à l'État la responsabilité d'instruire leurs enfants, comme ils l'ont fait avec l'ensemble des programmes sociaux.

UNE APPROCHE DE PROXIMITÉ

Or, si la génération X s'est moulée à la vision des baby-boomers, les Y voient le monde autrement. Une des caractéristiques des Y est que s'ils veulent changer le monde, ils privilégient une approche de proximité. Ils valorisent la vision à long terme tout en exigeant de plus petits changements à court terme. Ils veulent être impliqués directement dans la solution, jouer un rôle actif, bref, faire la différence à leur mesure.

Les Y envisagent leur vie comme une suite d'expériences de toutes sortes. Que ce soit au travail, dans leur vie familiale, dans leurs relations avec leurs amis, tout est vu comme une façon différente de vivre pleinement leur vie. Ce qui leur importe, c'est d'être au centre de chaque expérience pour la vivre à fond. En matière d'éducation, on peut donc compter sur les parents de la génération Y pour s'engager pleinement envers la réussite de leurs enfants ; toute leur expérience de la parentalité est orientée vers cet objectif, autant les mères que les pères.

Il faudra toutefois améliorer significativement la collaboration entre les parents et les services éducatifs, car les Y ne se contenteront pas d'un rôle de figurant.

Cette volonté des Y de participer pleinement à la réussite éducative de leurs enfants est un grand atout sur lequel la société doit miser pour orienter l'avenir de notre système scolaire, mais cela suppose que nous ayons le courage de changer nos façons de faire. Or, sur les 50 pistes d'actions identifiées par le ministère de l'Éducation en vue de sa politique de réussite éducative, seules trois concernent les parents. Il y a donc encore beaucoup de chemin à faire.

Le Réseau pour un Québec famille regroupe les organismes nationaux soucieux de la situation des familles québécoises. Le Réseau pour un Québec famille s'est donné l'objectif de devenir la voix des parents québécois favorables au développement de politiques publiques adaptées à leurs nouvelles réalités. Le Réseau compte 15 organisations membres, parmi lesquelles la Fédération des commissions scolaires du Québec, la Fédération des comités de parents du Québec, l'Association québécoise de la garde scolaire, l'Association québécoise des CPE, la Fédération québécoise des organismes communautaires familles et le Regroupement pour la valorisation de la paternité.

* Directeur du Regroupement pour la valorisation de la paternité et président du Réseau pour un Québec famille ; directrice générale du Réseau pour un Québec famille et ancienne présidente du Conseil de la famille et de l'enfance




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