Au royaume du m'as-tu-vu

« Je ne suis pas contre Facebook et les... (PHOTO SILVIA IZQUIERDO, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS)

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« Je ne suis pas contre Facebook et les autres médias sociaux qui ont leur côté pratique, j'en conviens », précise Viviane Camirand.

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Viviane Camirand

On part en voyage. On va au resto avec des amis. On gravit une montagne. On pagaie sur un lac, on manie une voile de kite. Et hop, on ressent l'empressement de poster une photo sur Facebook !

Pourquoi doit-on montrer à la planète entière sur je-ne-sais-quelle plage, dans je-ne-sais-quel pays on se trouve, et avec je-ne-sais-quel ami on a pris un selfie ? Pour avoir X nombre de likes ? Arrêtons de nous mentir à nous-mêmes une bonne fois pour toutes : en 2016, on vit à travers un écran de quatre sur deux pouces.

Facebook peut engendrer un sentiment de déprime. Pourquoi ? C'est simple. Les gens publient les moments les plus heureux, les plus exotiques, les « m'as-tu-vu » de leur vie. Les gens ne publient pas : « Aujourd'hui, j'ai mangé deux toasts au beurre de peanuts, j'ai pris le métro et je suis allé travailler. » Non, ça, on n'en parle pas. 

Inévitablement, quand tu as mangé deux toasts au beurre de peanuts, que tu as pris le métro et que tu es allé travailler, ta vie semble drôlement banale et insignifiante à côté de la leur. On ne parle pas non plus des moments misérables de notre vie : « Aujourd'hui, je me suis disputé(e) avec mon chum/ma blonde et je me sens triste. » Non ça, ça ne se dit pas sur « les internets ». Montre-toi beau/belle, avec un sourire et entouré(e) de tes nombreux amis. 

Facebook nous dépeint une distorsion de la réalité et le danger guette ceux qui s'accrochent à cette image sans discernement. « Ceci n'est pas une pomme », comme disait René Magritte, ne l'oublions pas...

L'autre que l'on voit dans notre petit écran de quatre sur deux pouces a peut-être vécu des émotions difficiles aujourd'hui. Ça, c'est la réalité. Le tangible. Et c'est ce qui fait que la vie est belle comme elle est, imparfaite.

« Partager. » Cela ne signifie-t-il pas parler de nos bons comme de nos moins bons coups, des événements heureux comme des malheureux ? Partager la vraie vie, quoi. Facebook ne nous permet pas d'exprimer cette diversité et on se coupe des autres moyens qui nous permettraient de le faire. Notre écran de quatre sur deux pouces nous étouffe dans le tourbillon des choses que l'on fait en nous éloignant de celles que l'on ressent. Arrêtons de garder nos yeux rivés vers le bas et levons-les plutôt sur ce qui nous entoure. Parlons à notre voisin de table, au gars assis à côté de nous dans l'avion, à nos amis au restaurant, à nos parents à la maison.

Je ne suis pas contre Facebook et les autres médias sociaux qui ont leur côté pratique, j'en conviens. Exprimer des idées, suivre des blogues, des vidéos cocasses qui nous font rire, publier des photos à caractère artistique ou journalistique.

Mais ne perdons pas de vue l'essentiel de nos relations, celles qui nous gardent en vie dans les moments difficiles, celles qui animent notre âme.

Ne laissons pas Facebook les appauvrir. Je le dis haut et fort à tous mes amis et proches qui me liront. On peut s'appeler et aller prendre un café aussi. Je refuse de vivre à travers un écran. La vie est trop courte pour ça. Partagez, SVP !

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