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Résidences pour aînés : une sécurité intelligente plutôt que du « mur-à-mur » bureaucratique

« L'incendie de la Résidence du Havre à L'Îsle-Verte... (PHOTO RYAN REMIORZ, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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« L'incendie de la Résidence du Havre à L'Îsle-Verte a tragiquement démontré qu'il fallait un ensemble de mesures et de dispositifs pour assurer la sécurité des aînés », rappelle Stéphan Corriveau.

PHOTO RYAN REMIORZ, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

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Stéphan Corriveau

Directeur général du Réseau québécois des OSBL d'habitation

Devant les informations dévoilées dans La Presse+ d'hier au sujet de la réglementation sur les résidences privées pour aînés, il importe de préciser la situation réelle des locataires des organismes sans but lucratif d'habitation, qui offrent des logements adaptés aux aînés à faible et moyen revenu.

Le réseau des résidences pour aînés est caractérisé par une grande diversité en termes d'offre de services et de clientèles desservies. Les 22 000 ménages aînés à faible revenu qui vivent dans 500 OSBL d'habitation dans toutes les régions du Québec bénéficient de logements abordables qui répondent aux plus hautes normes en termes de sécurité et d'un environnement qui favorise l'entraide et la solidarité. Le Réseau québécois des OSBL d'habitation (RQOH) a d'ailleurs publié le guide Une sécurité sur mesure dans les OSBL d'habitation pour aînés pour illustrer et diffuser les pratiques existantes en milieu communautaire.

Avant d'habiter en OSBL d'habitation, ces locataires vivaient trop souvent isolément, dans des logements trop chers, non giclés, sans dispositif de sécurité incendie, sans ascenseur ni services, et où il n'y a ni exercice ni plan d'évacuation.

L'imposition de normes de certification « mur-à-mur » en 2013, obligeant la totalité des résidences à assurer la présence en tout temps de préposés dans leurs immeubles, a forcé plus d'une centaine d'OSBL d'habitation à diminuer leur offre de services pour se retirer de la certification.

Dans le cas des plus petites résidences sans but lucratif, l'obligation d'embaucher du personnel de surveillance 24/7 aurait entraîné des augmentations de loyer de plus de 600 $ par mois ! Ces résidences auraient été contraintes de fermer leurs portes et leurs locataires se seraient retrouvés à la rue ou dans des logements privés sans normes de sécurité.

SOLUTION GAGNANTE

De manière générale, les ajustements dévoilés hier assureraient la viabilité des OSBL d'habitation actuellement assujettis à la certification et permettraient aux locataires aînés qui y logent de continuer à y résider. Ces ajustements inciteraient les organismes qui se sont retiré de la certification en 2013 à s'y conformer de nouveau. Il s'agirait donc d'une solution gagnante à tous les points de vue : les aînés à faible revenu continueront de bénéficier d'un logement abordable et adapté, les organismes pourront envisager d'étendre leur offre de services et développer de nouveaux projets, et le réseau de la santé et des services sociaux pourra exercer une supervision auprès d'un plus grand nombre de résidences.

Certains s'inquiètent du fait que les ajustements actuellement envisagés permettraient, dans les résidences pour aînés autonomes, la surveillance par bénévoles ou des locataires surveillants. Mais en quoi un bénévole formé et qualifié est-il moins apte qu'une personne salariée ? Et pourquoi devrions-nous imposer aux locataires d'un OSBL d'habitation pour aînés autonomes de devoir payer pour des services de surveillance correspondant aux besoins d'une clientèle non autonome ? Dans une société qui encourage la participation au marché du travail des aînés bien au-delà de 65 ans, cessons donc de les considérer comme des personnes incapables et de vouloir les institutionnaliser dès lors qu'il est question de logement !

L'incendie de la Résidence du Havre à L'Îsle-Verte a tragiquement démontré qu'il fallait un ensemble de mesures et de dispositifs pour assurer la sécurité des aînés. Ces mesures comportent par exemple l'installation de gicleurs, ce qui est déjà le cas dans l'immense majorité des résidences à but non lucratif.

Le seuil minimal de surveillance, c'est-à-dire du nombre de personnes pouvant intervenir en cas de besoin, n'est qu'un élément parmi ces dispositifs et en lui-même ne sera jamais déterminant, quoi qu'on en dise.

Dans ce dossier de la révision de la réglementation des résidences, le ministre Barrette et son équipe au ministère de la Santé et des Services sociaux ont été à l'écoute des besoins du milieu et des préoccupations exprimées notamment par les aînés à faible revenu qui logent dans les OSBL d'habitation ainsi que par les membres de leur famille, puisque nombre d'entre eux siègent aux instances des OSBL pour aînés. Ils ont tenu compte des caractéristiques particulières des divers projets de résidences pour élaborer des normes applicables et adaptables à toutes les situations.

Le RQOH salue cet effort et continuera à offrir sa pleine collaboration pour que l'ensemble des aînés québécois, partout où ils sont, puissent bénéficier d'un logement abordable et d'un milieu de vie à la fois sécuritaire et respectueux de leurs besoins.

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