Agressions sexuelles : se lever debout pour elle

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« Quand j'ai lu ce matin que même la police et l'entourage tentent de décourager les victimes de dénoncer sous prétexte de protéger l'avenir de ces salauds, mon coeur s'est serré de colère », écrit Daniel Thomas.

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Daniel Thomas

OK ! Par où commencer ?

D'abord, je dois exprimer ma profonde désolation aux femmes qui ont été victimes de ces hommes sans retenue, sans respect, sans contrôle. Ces hommes qui me font honte de partager un genre avec eux. Je demande aussi pardon à toutes les femmes qui doivent s'empêcher parfois de marcher seules, le soir ou en forêt, de peur de croiser ces prédateurs sans scrupules. Pardon.

Quand j'ai lu ce matin que la police et l'entourage tentent parfois de décourager les victimes de dénoncer sous prétexte de protéger l'avenir de ces salauds, mon coeur s'est serré de colère. Premièrement, toi le néandertalien qui te laisses mener par tes plus bas instincts, tu as une responsabilité, un devoir, puisque tu sais au fond de toi que tu peux parfois être mû par cette énergie sombre qui t'habite, de consulter, de méditer, de trouver une aide qui te pousserait à laisser place à l'homme en toi plutôt qu'à la bête.

Ceci s'adresse aux agresseurs de tout acabit, que ce soit envers les femmes ou les enfants, en personne ou derrière ton écran : si ton cerveau reptilien te domine, soigne-toi.

Puisque ce souhait semble irréalisable, je me suis vu rêver un instant à créer une solution de rechange aux voies officielles de la justice qui manque trop souvent à son rôle de protéger les victimes ; un groupe d'hommes, de vrais hommes, qui se chargerait de corriger ces salauds. Une façon d'utiliser la force masculine à bon escient et de faire basculer les désirs pervers de certains vers quelque chose de plus noble. Cet oeil pour oeil, dent pour dent n'est pas possible, je le sais. Ce fantasme m'a satisfait pendant quelques secondes, tout au plus.

Mais par contre, une fois la colère violente qui m'habitait dissipée, j'ai pensé à ce même groupe d'hommes qui pourrait exister, de vrais hommes qui accompagneraient plutôt ces femmes dans le processus de dénonciation. Être présent auprès d'elles et devenir un pilier devant l'absurdité de la protection des agresseurs. La soutenir quand des excuses et des arguments saugrenus viennent entraver le cours de la justice au nom de la protection de la carrière future de tel footballeur ou la vie familiale et professionnelle de l'autre député.

Se lever debout pour elle qui doit déjà surmonter beaucoup de peur et de préjugés pour se décider à dénoncer. Devenir sa voix qui dira non quand les aberrations se présenteront. Lui prêter force et courage. Lui rendre hommage par notre présence et notre soutien. Malheureusement, et j'en veux à ces petits hommes qui ont mis une ombre sur le sexe masculin, comment ces femmes pourraient-elles faire confiance à des hommes qui offriraient ce soutien ? Ne pas voir un agresseur potentiel en lui ?

Je les comprends.

Les femmes sont assez fortes et courageuses pour se lever. Maintenant, c'est à nous les hommes d'être debout à leurs côtés.

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