Présidentielle américaine : le roi du divertissement extrême

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« Nos voisins du Sud, les bonnes gens du peuple en particulier, veulent être étonnés, déstabilisés, étourdis, aveuglés, désarçonnés même, comme dans un wagonnet de montagnes russes », écrit l'auteur.

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Jean-Paul Lanouette

Traducteur retraité

À l'ère plaquée or du jeu vidéo, faut-il s'étonner du succès monstre remporté par un avatar tel que Donald Trump ? On le sait pour le constater chaque jour dans les médias, le bonhomme a du toupet, au propre comme au figuré, ce qui le sert parfaitement dans le contexte actuel.

C'est pas sorcier : nos voisins du Sud, les bonnes gens du peuple en particulier, veulent être étonnés, déstabilisés, étourdis, aveuglés, désarçonnés même, comme dans un wagonnet de montagnes russes, ma foi. Amèrement déçus, voire désillusionnés à l'os par l'ensemble de l'oeuvre de leur faune politique, des millions d'Américains se disent et se montrent maintenant prêts à « essayer » n'importe quoi et son contraire, fût-ce proposé sous la forme d'une curiosité capillaire tonitruante !

Mais qui sont donc ces électeurs sur lesquels compte Trump pour pavoiser en novembre ? Il y a d'abord ceux que, pour être poli, j'appelle « les irréductibles » (l'être moins, poli, je dirais plutôt « les irrécupérables »).

Ceux-là appuient inconditionnellement le personnage ô combien coloré qu'est le candidat républicain ; son discours ultrapopuliste les botte à plein, les séduit littéralement, quoi !

En effet, ils aiment ce qu'ils entendent, ne se laissant démonter par aucune bassesse de leur favori à l'encontre d'un peu tout le monde, femmes y compris. Les murs à ériger, les immigrants à bloquer à l'entrée, les « illégaux » à pourchasser et à mettre au pas ou à renvoyer chez eux, la loi et l'ordre à faire respecter à tout prix, etc., tout ce baratin est musique à leurs oreilles. Ils boivent les paroles du gars roux, oups ! je veux dire de leur gourou, comme de la p'tite Budweiser !

Puis, il y a ceux, blasés ou en manque de stimulants, qui souhaitent être « divertis », sans plus. Or, ils risquent fort d'être servis plus qu'à satiété si jamais l'élu de leur aveuglement se retrouve à la Maison-Blanche.

ÊTRE ÉCOUTÉS, VRAIMENT ?

Mais, franchement moins drôle, il y a aussi tous ces autres qui, eux, espèrent tout simplement être enfin « écoutés », pour de vrai ! À quelle déception ils s'exposent, les pauvres, si jamais...

Enfin, n'oublions pas les simples « curieux », un brin inconscients, qui se demandent candidement ce que ferait le Ricain à la houppe à la tête de leur pays ; ils sont plus nombreux qu'on pense, hélas !

Trump a beau multiplier mensonges et impairs, perdre d'importants membres de sa suite au fil de ses dérapages verbaux, il demeure immensément « populaire » et - c'est bien là le danger - on ne peut plus « distrayant ». Et, comme Donald le Calmar n'est nullement disposé à relâcher l'emprise de ses puissants tentacules sur sa drogue de prédilection, à savoir l'attention médiatique, vaut mieux se préparer au pire, de quelque côté de la frontière que l'on se situe !

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