Réussir à l'école, mais à quel prix ?

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« Certains ont développé la manie de toujours vouloir se comparer aux autres, mais d'une manière négative et malsaine », constate Claudia Laporte.

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Claudia Laporte

18 ans, étudiante en littérature, Notre-Dame des Prairies

Ces temps-ci, les jeunes, que ce soit au primaire, à l'école secondaire et jusqu'au collégial, vivent un niveau de stress plus élevé que la normale. Il est donc indispensable d'en faire un sujet d'actualité et de réellement y réfléchir.

« Ce qui se passe à l'école reste à l'école, ce qui se passe à la maison reste à la maison... » C'est bien, tout cela, mais c'est une affirmation qui est plus qu'erronée. Avant, peut-être que c'était le cas, mais plus maintenant. De nos jours, il est impossible pour un enfant (peu importe son âge) de déposer tous ses soucis en passant le cadre de porte de la maison familiale.

De même, il ne va pas évacuer tous ses problèmes  lorsqu'il montera l'escalier de l'autobus afin d'aller rejoindre ses amis. Non. Ses moindres petits tracas resteront dans sa tête tout au long de sa journée d'école, tout en influençant sa concentration, sa motivation et son goût d'apprendre. Donc son rendement scolaire en sera grandement affecté à long terme.

De plus, l'enfant d'aujourd'hui est constamment confronté au stress lorsqu'il est à l'école. On lui dit qu'il doit réussir en français, PUIS en mathématiques, PUIS en sciences, PUIS en histoire. On lui répète qu'il doit performer s'il veut réussir ; il n'a pratiquement pas droit à l'erreur. On lui casse les oreilles avec son avenir, lui disant qu'il doit avoir un plan clair dès la quatrième secondaire. (Le nombre de fois que l'on change d'idée de la quatrième secondaire au moment où l'on doit réellement choisir !)

On lui répète sans cesse que les notes sont importantes, mais que fait-on de ce qui le passionne réellement ?

On ne lui laisse pas le temps de se connaître en profondeur et de développer ses réels intérêts, qu'il doit déjà savoir ce qu'il fera durant chaque journée de sa vie ultérieure.

LE JEU DE LA COMPARAISON

Puis, l'enfant se mesure aux autres élèves. Certains ont développé la manie de toujours vouloir se comparer aux autres, mais d'une manière négative et malsaine. Prenons un exemple qui est récurrent dans la vie des jeunes et qui est arrivé à plus d'un : un élève a eu 95 % en mathématiques, alors qu'un autre a eu une note de 70 %.

Ce dernier pourrait bien avoir eu une note presque parfaite en histoire, par exemple, mais ne voir que son infériorité en mathématiques par rapport au premier élève. C'est aussi ce qui lui enlève la capacité de performer, et qui ajoute une tonne de stress sur ses épaules. Quand l'école est une compétition constante, elle devient une source d'anxiété qui peut amener à de pires problèmes : la perte d'intérêt, notamment, si cet élève constate qu'il est incapable de faire mieux que les autres malgré ses efforts continus.

L'élève devrait avoir accès à un plus grand choix de cours moins généraux - à l'école primaire et secondaire - afin d'être en mesure de trouver des ambitions : et pas seulement par élimination. En ayant une force à lui qu'il développe, l'élève comprendrait peut-être qu'il est anormal de se comparer ainsi et de se mettre autant de pression de réussite. Il est bien de réussir à l'école, mais ce qui est encore mieux, c'est d'être passionné par ce que l'on fait.

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