S'inspirer des minibus collectifs d'Istanbul

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« Le fonctionnement des dolmuş d'Istanbul est simple : les usagers, qui sont une douzaine par minibus, se partagent le coût du trajet », écrit Étienne Gamache.

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Étienne Gamache

Titulaire d'une maîtrise en logistique de l'Université d'Anvers

Quatre heures du matin. La jeunesse stambouliote déambule sur l'avenue Istiklal. En contrebas de la place Taksim, dans les ruelles adjacentes, une flotte de minibus jaunes patiente. Portières ouvertes, ils invitent les noctambules à prendre place. Après avoir fait le plein de passagers, un de ces véhicules s'engage sur le boulevard, et presque aussitôt, un autre minibus, vide celui-là, s'avance pour le remplacer.

Ces minibus sont les dolmuş d'Istanbul : un système de minibus collectifs dont Montréal devrait s'inspirer pour bonifier son offre de transports en commun. Le fonctionnement est simple : les usagers, qui sont une douzaine par minibus, se partagent le coût du trajet. Nul besoin de réserver une place : le dolmuş n'amorce sa course qu'après avoir fait le plein de passagers (dolmuş signifie « rempli » en turc). Puis, contrairement au taxi traditionnel, le trajet est prédéfini.

LES AVANTAGES

Bon marché. Divisé par le nombre de passagers, le coût du trajet est beaucoup plus abordable que celui du taxi traditionnel, et comparable à celui de l'autobus ou du métro. Rapide. Le dolmuş suit un itinéraire direct, sans arrêts, sauf lorsqu'un passager demande à descendre. Le service est donc plus rapide que l'autobus, dont le trajet souvent est jonché d'arrêts. Service personnalisé. Il n'y a pas de halte à proprement parler. Le passager avise le chauffeur lorsqu'il veut descendre, et peut même négocier un certain détour avec ce dernier. Peu d'investissements requis. Les routes sont déjà construites. Il ne faut qu'élargir l'accès aux voies réservées à ces minibus collectifs. Flexible. Un réseau de dolmuş est modulable en fonction des besoins évolutifs des usagers au fil des années.

À New York, un réseau similaire, celui des dollar vans, sert de complément au réseau de transports en commun.

Chaque jour, 125 000 usagers utilisent ce service, rapporte The Economist dans son édition du 20 août. Ce service de taxi collectif est particulièrement apprécié dans les secteurs mal desservis par les transports en commun. On offre notamment un service de navette directe entre les communautés chinoises de Sunset Park (Brooklyn), Flushing (Queens) et du Chinatown (Manhattan).

L'implantation d'un tel système atténuerait la congestion routière dans l'agglomération montréalaise. Il optimiserait l'utilisation du réseau routier actuel. Certes, un système de taxi collectif chapeauté par la STM est déjà en place. Cependant, l'usager doit téléphoner 40 à 60 minutes à l'avance pour réserver sa place :  impossible de héler le taxi dans la rue. Qui plus est, l'offre de service est bien maigre : on circule seulement quelques jours par semaine et, dans la plupart des cas, uniquement l'avant-midi ou l'après-midi selon la direction empruntée.

UNE CRISE OPPORTUNE

Dès lors, pourquoi ne pas profiter de la crise qui secoue l'industrie du taxi au Québec pour redéfinir son rôle ? Aiguiller les chauffeurs de taxis traditionnels vers un système collectif à la sauce byzantine ou new-yorkaise améliorerait l'offre de transports en commun, et ce, à un coût modéré. Autrement, d'autres acteurs bien outillés y trouveront leur compte : un certain Uber, avec son service de taxi-partage UberPool, pourrait mettre la main sur le marché du taxi-partage, faute de véritable concurrent.

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