Un bouquet de marguerites

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« Lors de la préparation de la cérémonie, les parents ont demandé aux visiteurs de porter des vêtements aux couleurs joyeuses et d'apporter des marguerites, fleur préférée de leur princesse », écrit Francine Laplante.

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C'était un dimanche après-midi d'été rêvé : il faisait un temps radieux, le genre d'après-midi idéal pour se prélasser sur le bord de la piscine ou simplement relaxer pour profiter de la vie avec un grand V.

Pourtant, par cette belle journée de juin, la famille de la petite Lylia-Carole, 4 ans, était réunie dans un salon funéraire pour lui rendre un dernier hommage. Lylia-Carole a été malade pendant un peu plus de trois ans. Un maudit cancer avait décidé d'envahir sa petite tête en lui laissant très peu de chances de vaincre.

Elle est morte récemment à l'hôpital Sainte-Justine en laissant derrière elle deux parents complètement dévastés, aux prises avec un chagrin indescriptible et une peine incommensurable...

Lors de la préparation de la cérémonie, les parents ont demandé aux visiteurs de porter des vêtements aux couleurs joyeuses et d'apporter des marguerites, fleur préférée de leur princesse. Qui peut vraiment comprendre cette douleur ? Qui peut apaiser, ne serait-ce que le temps d'une minute, la peine de cette maman et de ce papa agenouillés tous les deux devant l'urne de leur bébé ?

Oui, ils étaient bien entourés par une famille exceptionnelle et des dizaines et des dizaines d'amis, mais comment comprendre la guerre qu'ils viennent de traverser, le coeur meurtri à jamais ? Qui peut leur mettre la main sur l'épaule, les prendre dans ses bras et les laisser pleurer en comprenant chacune de leurs larmes ?

Qui d'autre que ceux qui sont allés au combat quotidiennement avec eux, qui étaient aux premières lignes, ceux qui ont cru avec eux jusqu'au dernier souffle de Lylia-Carole qu'il y avait de l'espoir ?

Elles s'appellent Marie-Hélène, l'infirmière-fée de Lylia, Caroline et Nathalie, qui lui ont fait des tonnes et des tonnes de dessins pour lui faire oublier les milliers de piqures administrées durant ces trois dernières années, et l'éminent Dr Sébastien Perrault, neuro-oncologue pédiatrique. Il est arrivé à la cérémonie discrètement, avec dans les mains un bouquet de marguerites sauvages, le plus beau des bouquets. Il s'est approché des parents, il s'est agenouillé avec eux et il a versé des larmes. Ensemble, ils se sont compris. Ils savaient très bien que tout ce qui pouvait être fait avait été fait...

J'avais le goût de partager avec vous cette belle histoire d'une infirmière, de deux éducatrices et d'un brillant médecin. La présence du Dr Perreault ne fait pas partie des tâches administratives des grands spécialistes. Le Dr Perreault ne recevra pas de prime pour sa présence auprès de ces parents, et pourtant, il a probablement redonné une deuxième vie à ce papa et à cette maman en leur démontrant que leur petite Lylia-Carole était unique pas seulement pour eux, mais pour lui aussi.

Je ne sais pas combien d'années ce grand homme a étudié pour devenir le spécialiste qu'il est, mais le geste qu'il a posé par sa présence ne s'apprend pas dans les livres ni sur les bancs des universités. La compassion, l'empathie et l'amour sont la base même de la véritable médecine : merci mille fois à vous, chers médecins et professionnels de la santé, qui osent le geste de plus pour guérir notre monde malade d'amour.

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