Prérequis : avoir la couenne dure

« J'ai vu des victimes de toutes sortes : des femmes... (PHOTO ULYSSE LEMERISE, COLLABORATION SPÉCIALE)

Agrandir

« J'ai vu des victimes de toutes sortes : des femmes violées, des enfants frappés violemment par un parent, des gens sans défense se faire voler, se faire battre », relate Benoit Contant, policier.

PHOTO ULYSSE LEMERISE, COLLABORATION SPÉCIALE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Benoit Contant

Pendant plus de 26 ans comme policier, j'ai accumulé des images et vécu des expériences que la plupart des gens ne verront jamais dans leur vie : la pauvreté, la misère humaine, la violence, la confrontation.

J'ai vu des gens pendus ou écrasés sous un métro à la suite d'un suicide, j'ai vu des homicides, des agressions au couteau, des bagarres de rue, des gens ensanglantés. J'ai littéralement vu les tripes d'un homme lui sortir du corps après s'être fait poignarder.

J'ai vu des victimes de toutes sortes : des femmes violées, des enfants frappés violemment par un parent, des gens sans défense se faire voler, se faire battre. J'ai vu des gens se tuer à la suite de collisions de la route.

Un jeune est mort dans mes bras malgré les manoeuvres de RCR que je lui prodiguais.

Je me suis fait challenger plus d'une fois, je me suis fait engueuler, je me suis fait attaquer, on m'a menacé à plusieurs reprises. On m'a appelé par toutes sortes de noms différents. En fait, j'ai fait le tour de la basse-cour : un cochon, un poulet, un boeuf, un chien. Quand c'était poli, c'était flic ou cop.

J'ai lu quelques bonnes critiques sur notre travail dans les médias traditionnels et dans les médias sociaux. Mais dans la très grande majorité des cas, il s'agissait de propos méchants, blessants, irrespectueux.

RARES REMERCIEMENTS

D'un autre côté, j'ai également vu des gens me remercier de les avoir secourus ou réconfortés, on m'a remercié d'être arrivé rapidement sur le lieu d'un événement important, on m'a envoyé la main alors que je patrouillais. Pas souvent, mais c'est arrivé. On m'a remercié de faire appliquer le Code de la route. Des piétons m'ont remercié de sévir contre les automobilistes qui ne les laissaient pas traverser.

En résumé, un peu de positif dans une mer de négatif. Je n'en peux plus de cette vie-là. C'est donc avec le sentiment du devoir accompli que j'annonce ma retraite le 14 juin prochain. Eh oui ! À 47 ans, je n'ai pas volé cette retraite-là. Nous, policiers, essayons d'atteindre cette étape de notre vie sans trop de dommages, physiques ou psychologiques. Je crois que je ne suis pas trop en mauvais état.

Les prochaines années me le diront.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer