Arabie saoudite: gage de stabilité ou électron libre ?

L'Arabie saoudite devra reconnaître qu'elle n'est plus seule... (Photo Hasan Jamali, Associated Press)

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L'Arabie saoudite devra reconnaître qu'elle n'est plus seule dans la région et qu'elle a tout intérêt à établir de bonnes relations avec Téhéran, analyse l'auteur.

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François LaRochelle

De plus en plus de gouvernements et d'observateurs portent un jugement critique à l'égard de la monarchie actuelle à Riyad et pas uniquement sur la question des droits de la personne.

Même l'allié traditionnel américain prend ses distances. L'arrivée du nouveau souverain Salmane Al Saoud et l'accord sur le nucléaire entre les Occidentaux et l'Iran semblent avoir lancé l'Arabie saoudite dans une paranoïa anti-chiite (lire anti-iranienne). À tort ou à raison.

Guerre au Yémen contre les Houthis avec bombardements massifs provoquant destructions et lourdes pertes civiles, retrait de l'aide financière saoudienne au Liban sous prétexte que son gouvernement ne se distancie pas du Hezbollah, sans oublier l'exécution d'un leader chiite saoudien entraînant la rupture des relations diplomatiques avec Téhéran.

Le New York Times rapportait récemment un rapprochement entre Israël et l'Arabie saoudite, partageant une même vision apocalyptique du régime iranien.

En Syrie et en Irak, l'Arabie saoudite mène, par groupes djihadistes interposés, son opposition à Téhéran, les alimentant financièrement et en armes.

Le contingent de djihadistes saoudiens est une des composantes majeures, en nombre, du groupe État islamique, qui d'ailleurs revendique les attentats anti-chiites en Arabie saoudite ou au Koweït. À l'origine, quelle a été l'influence du wahhabisme, vision conservatrice de l'islam et ciment de la monarchie saoudienne, chez ses combattants et ses dirigeants ?

Dans ce contexte, on peut se demander si l'Arabie saoudite reste vraiment un ancrage de stabilité pour nos intérêts dans la région ou est plutôt devenue une espèce « d'électron libre » qui, fort de ses richesses pétrolières et d'un carnet de chèques bien rempli, contribue au chaos du Moyen-Orient.

En outre, la politique saoudienne pour protéger sa part du pactole pétrolier a eu pour conséquence une chute substantielle des revenus non seulement d'autres producteurs de la région, mais au-delà. Les Albertains et les Russes en subissent les contrecoups économiques.

À LA RECHERCHE D'UN ÉQUILIBRE

En ce qui concerne le Canada, le débat autour de la vente de blindés légers à l'Arabie saoudite a provoqué une discussion salutaire sur la recherche d'un sain équilibre entre nos intérêts d'affaires et nos valeurs. Mais aussi sur un questionnement à l'égard de certains de nos partenariats internationaux.

C'est le prix qu'il faut payer pour un « retour du Canada » sur la scène internationale. L'Arabie saoudite restera influente dans la région, mais pour ce faire, il faudra qu'elle reconnaisse qu'elle n'est plus seule et qu'elle a tout intérêt à établir de bonnes relations avec Téhéran, incontournable en Irak et en Syrie et qui défend ses frères chiites dans des pays du Golfe.

Pour que le Moyen-Orient redevienne stable, une coopération entre Riyad et Téhéran est essentielle. Le Canada, qui apparemment travaille à rétablir ses relations avec l'Iran, devrait utiliser ses bonnes relations avec Riyad pour essayer de faire passer ce message, notamment.

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