Les yeux pétillants

«Observez vos profs et vous verrez qu'en vous parlant... (Photo Thinkstock)

Agrandir

«Observez vos profs et vous verrez qu'en vous parlant de leurs livres coup de coeur, ils auront probablement le regard qui pétille autant que celui de leur enfance», écrit Michel Sardi.

Photo Thinkstock

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Michel Sardi

C'est aujourd'hui que vos profs vous parleront de leurs livres marquants.

Mais avant de les laisser commencer, je vais demander aux élèves d'imaginer la scène suivante : un enfant de 5 ans demande qu'on lui lise un livre avant de se coucher. Avez-vous déjà remarqué ce qui arrive quand on accepte ? Quand on le lit avec lui, il est captivé par le livre ; ses yeux pétillent en regardant les mots qui inventent comme par magie une histoire qu'il aimera...

Cet enfant, vous l'avez sans doute déjà croisé : c'est votre petit frère, votre petite cousine, un jeune voisin... et, si vous cherchez dans vos souvenirs, c'est peut-être même vous, juste avant de commencer le primaire...

En fait, ce n'est pas compliqué, tous les petits enfants aiment les livres et ce qu'ils leur racontent.

Toutefois, en grandissant, on perd parfois nos réflexes d'enfant. Celui d'aimer les livres, par exemple.

Maintenant, observez vos profs à chacun de vos cours d'aujourd'hui. Regardez-les bien, et vous verrez qu'en vous parlant de leurs livres coup de coeur, ils auront probablement le regard qui pétille autant que celui de leur enfance.

Oui, au cours de la journée, vous verrez vos profs retrouver leur coeur d'enfant, celui qui s'émerveille et celui qui apprend sans cesse. Parce qu'avec leur livre, ils ont découvert le monde.

Et si vos profs sont capables de rajeunir de 20, 30 ou même 50 ans, vous pouvez sûrement remonter en arrière de quelques années vous aussi pour retrouver votre âme de jeune lecteur, de découvreur.

COMME DES ÊTRES HUMAINS

Comment ? Quelques-uns d'entre vous n'aiment plus les livres ? Ne vous inquiétez pas ! Je vais vous donner un truc : les livres sont comme des êtres humains. Il y en a des centaines et des milliers autour de nous. Mais on ne peut pas s'entendre avec chacun d'eux, et encore moins tous les avoir comme amis. Il faut les choisir : selon nos intérêts, nos goûts, notre personnalité.

Par exemple, vous trouvez que certains livres qu'on vous fait lire à l'école sont ennuyeux, ou compliqués ? C'est normal ! Tout comme certains êtres humains, ils sont peut-être bien gentils et intelligents, mais vous ne partagez pas les mêmes affinités. Je m'explique : si la politesse nous oblige à dire bonjour, elle ne nous oblige pas à aller au cinéma avec un inconnu. De la même manière, vous êtes obligés de lire certains livres, mais pas de les aimer.

C'est ce que vos profs ont compris. Puis, parmi des milliers de livres, ils ont choisi. Et ce sont donc leurs vrais amis qu'ils vous présenteront.

Oui, quand on les choisit comme il faut pour nous, nos livres préférés - à l'instar de nos meilleurs amis - nous accompagneront toute notre vie ; ils ne nous jugeront pas, sauront se taire quand on en a besoin, et nous raconter des histoires quand il le faudra, pour nous aider à nous consoler, nous évader, nous faire rire, nous faire réfléchir, nous comprendre et, ultimement, aimer.

Ce qu'on vous souhaite au terme de cette journée dédiée aux livres, c'est que vous puissiez à votre tour choisir et aimer des livres. Et ainsi que vos yeux pétillent dans de longues amitiés avec eux.

Maintenant, place à vos profs... et à leurs amis.

Merci à Colas Gutman, Réjean Ducharme, Daniel Pennac, Alberto Manguel, Jacques Poulin, Orhan Pamuk, Florence Seyvos, Franz Kafka et Hubert Aquin, qui ont écrit de fort jolis textes qui ont inspiré celui-ci.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer