On déréglemente ?

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« Même si, selon toute logique, l'application Uber ne viendra jamais s'installer dans notre région puisque nous sommes un trop petit marché pour eux, les conséquences de cette application nous frappent aussi », constate l'auteur.

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Martin Paré

Propriétaire d'un taxi à Trois-Rivières depuis 15 ans

Un conflit ouvert entre les taxis et l'application Uber s'est transféré devant les tribunaux, avec une demande d'injonction des taxis pour rendre l'application Uber illégale. Est-ce bien la solution pour contrer Uber ? Personnellement, je ne le pense pas, puisque beaucoup de ces démarches se sont révélées très contreproductives.

Je suis chauffeur et propriétaire d'un taxi dans la région de Trois-Rivières. Même si, selon toute logique, l'application Uber ne viendra jamais s'installer dans notre région puisque nous sommes un trop petit marché pour eux, les conséquences de cette application nous frappent aussi : plusieurs chauffeurs illégaux se croient maintenant légitimés d'opérer sans aucun problème. On voit de nouvelles annonces chaque semaine sur Kijiji. Les propriétaires qui veulent vendre leurs permis ne trouvent plus d'acheteurs. Personnellement, je viens juste d'acheter mon deuxième véhicule hybride, une Toyota Prius V, et je ne peux observer qu'avec appréhension ce qui se passe actuellement dans notre industrie. Il apparaît très clair que le nouveau ministre des Transports, monsieur Jacques Daoust, n'a désormais plus le choix de s'atteler au dossier.

Dans une optique de révision des lois sur le taxi, il est incontestable que plusieurs améliorations deviennent envisageables.

Lesquelles ? Pourquoi pas la mise en place, au coeur de la loi, d'un encadrement obligatoire pour le service aux clients. Notre clientèle change et nous devons être proactifs pour bien répondre à ses besoins. Comme les chauffeurs sont très isolés dans leur travail, des cours obligatoires devraient être imposés sur le service aux clients, avec des heures obligatoires de mises à jour annuelles incluses.

La technologie est maintenant présente dans tous nos taxis avec la répartition automatique GPS. Le gouvernement, qui veut faire un suivi serré des revenus des chauffeurs et propriétaires de taxis, ne devrait-il pas envisager l'avènement d'un compteur numérique apte à recevoir la carte d'identification du chauffeur du véhicule taxi ? Cette carte permettrait au gouvernement de contrôler les revenus gagnés par ces chauffeurs. Et pourquoi ne pas rajouter une application gratuite sur les téléphones intelligents qui permettrait aux clients qui s'approchent du véhicule de savoir qui les servira ? À la fin du voyage, le client pourrait évaluer le chauffeur qui l'a servi.

Devant les objectifs environnementaux de la nouvelle entente de Paris signée dernièrement, est-ce que le gouvernement ne pourrait pas obliger tous les taxis à devenir hybrides d'ici 5 ans ? Par cette politique, il serait possible de faire disparaître plus de 50 % des émissions de CO2 des véhicules taxis actuellement en service.

Téo Taxi, modèle d'affaires nouveau avec ses véhicules électriques, va demander beaucoup de changements d'une loi qui doit être adaptée en réponse aux besoins de cette compagnie qui s'annonce assurément comme le modèle à suivre dans les prochaines années, et ce, pour nous tous.

Si le gouvernement opte pour la dérèglementation de l'industrie, toutes ces possibilités disparaîtront. Ce qui est certain, c'est que si la voie envisagée perdure, l'industrie du taxi, elle, risque de s'effondrer.

Et tout ça... pour Uber ?

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