Un déni de démocratie qui inquiète le milieu communautaire

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« Certaines sorties des élus scolaires étaient perçues comme dérangeantes », juge Sébastien Rivard.

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Sébastien Rivard

Coordonnateur du Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal (RIOCM)

Avec l'annonce des consultations particulières sur le projet de réforme de la gouvernance scolaire du ministre François Blais, le milieu communautaire est préoccupé de constater le caractère restreint de l'exercice et l'exclusion de plusieurs acteurs, commissions scolaires et organismes communautaires.

Il s'agit pour nous d'un exercice antidémocratique qui laisse transparaître une volonté de recentralisation du pouvoir, exactement comme le ministre Gaétan Barrette l'a fait en santé et services sociaux.

Le projet de loi 86 prétend redonner les clés de l'école aux parents, aux membres de la communauté et au personnel. Or, l'abolition des élections scolaires et des commissaires élus au suffrage universel par des conseils d'administration cooptés (sous la supervision du ministre) est avant tout motivée par une volonté de reprise de contrôle politique. Certaines sorties des élus scolaires étaient perçues comme dérangeantes.

Cette opération rappelle les stratégies utilisées par le collègue de François Blais, Gaétan Barrette qui, sous prétexte que les conseils d'administration des établissements de santé étaient trop « autonomes », les a abolis pour créer de super établissements placés sous son contrôle.

En santé et services sociaux, nous avons vu se réduire la place des usagers et des représentants de la communauté dans les conseils d'administration, par des vagues successives de réformes depuis 2004. Le milieu communautaire, qui pouvait auparavant élire des représentants parmi l'ensemble des organismes, a perdu ce mécanisme démocratique au profit d'administrateurs cooptés par le ministre à partir de listes ; une modalité similaire à celle présentée dans la réforme scolaire. La centralisation du pouvoir dans des structures toujours plus grandes n'a pas été le gage d'un meilleur système de santé, bien au contraire.

La réduction de la démocratie par des conseils d'administration non élus et les pouvoirs supplémentaires accordés au ministre risquent d'entraîner une déconnexion de l'école avec sa communauté, ce qui serait une très mauvaise nouvelle pour les organismes communautaires.

Les commissaires sont élus par l'ensemble de la communauté et ils portent la préoccupation d'une école ouverte sur le milieu ; une richesse à préserver à tout prix.

Nous demandons au ministre Blais de tenir compte de l'avis du milieu communautaire, de surseoir à son projet de réforme et de trouver une solution plus démocratique pour améliorer notre système scolaire québécois.

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