René Angélil : les meilleures boulettes au monde

René Angélil lors d'un tournoi de poker en... (Photothèque La Presse Canadienne/Associated Press, Laura Rauch)

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René Angélil lors d'un tournoi de poker en juillet 2010 à Las Vegas.

Photothèque La Presse Canadienne/Associated Press, Laura Rauch

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Guy A. Lepage

L'entente était claire. Si nous étions éliminés tous les deux du tournoi, on allait souper dans un resto fabuleux de Las Vegas que René prenait toujours soin de réserver pour une possibilité de 20 personnes.

Si on était toujours bien en selle dans le tournoi pendant la pause-repas, on allait manger ensemble, mais plus rapidement. Cette fois-là, durant les World Series de Poker, nous étions tous les deux bien installés avec beaucoup de jetons devant nous. Nous avions une heure et demie avant la reprise du tournoi.

 - Aimes-tu ça les boulettes de spaghetti ?

 - Euh... oui !

 - Viens, on va aller manger les meilleures boulettes du monde.

Et le chauffeur nous conduisait vers un petit resto italien familial loin de la Strip. Le propriétaire nous attendait - René l'avait prévenu - et on s'assoyait devant 12 assiettes (René avait commandé le menu au complet), y compris les fameuses boulettes.

 - Goûte. C'est les meilleures boulettes au monde.

Et tout en dégustant nos boulettes, on parlait. Rarement de boulot, souvent de nos familles, un peu de poker quand même. René avait une qualité d'écoute qui faisait que chacun se sentait important et apprécié. Nos amis étaient ses amis, nos malheurs devenaient les siens et il se réjouissait de nos succès comme s'il s'agissait de ses propres réussites qu'il fallait instantanément célébrer.

René ne voulait que ce qui était le meilleur au monde : la meilleure chanteuse, la meilleure équipe, les meilleures conditions, la meilleure famille, les meilleurs amis, les meilleures boulettes.

Son enthousiasme et sa détermination faisaient que tous se surpassaient pour devenir, l'espace d'un moment, son « champion ».

Et à la fin du repas, quand on retournait à notre tournoi, toujours amis, mais néanmoins adversaires, on se disait à la prochaine sans savoir si cette prochaine fois serait plus tard à la table finale, le lendemain dans un autre tournoi, ou dans un an.

Mais aujourd'hui, je dois me faire à l'idée. Il n'y aura plus de tournois de poker, plus de festins improvisés, car René est parti vers un monde meilleur afin de constater par lui-même si c'est vraiment le meilleur.

P.S. Ce jour-là, je ne sais pas si j'ai vraiment mangé les meilleures boulettes au monde, mais avec la présence de René, elles ont surclassé toutes les autres.

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