Du folklore pour les médecins ?

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« Pendant des années, les réseaux météorologiques au Canada et aux États-Unis ont été mis en place et gérés par des médecins », rappelle Gilles Brien.

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Gilles Brien

Météorologue et auteur de Les baromètres humains : comment la météo nous influence

Malgré la pluie d'études sur le sujet, malgré les millions de personnes arthritiques, de migraineux et de malades qui se plaignent de l'aggravation de leurs symptômes quand la météo change, la communauté médicale reste toujours tiède devant l'évidence.

Pour beaucoup trop de médecins, le lien entre l'état du ciel et les maladies n'est souvent que du folklore, des histoires de grand-mère. Pas étonnant alors que bien des gens qui souffrent de maladies sensibles à la météo n'en parlent pas à leur docteur, de crainte d'être jugés.

Or, le père de la médecine, Hippocrate lui-même, accordait beaucoup d'importance à ces connaissances.

Mais les préjugés ont la vie dure. Parce que la météo est un élément qu'on ne peut pas contrôler, on préfère l'ignorer. Grave erreur.

On a oublié, mais pendant des années, avant que les gouvernements s'en chargent, les réseaux météorologiques au Canada et aux États-Unis ont été mis en place et gérés par des médecins ! Ils étaient les premiers témoins des effets du climat sur la santé des colons. C'était le cas pour le premier météorologue au Canada, Jean-François Gaultier (1708-1765), un médecin de Québec. Membre de l'Académie royale des sciences de Paris, il a été le premier à installer une station météo au Canada. Dans ses relevés, Gaultier évoque à 13 reprises l'influence de la météo sur les maladies des « Canadiens ». Le froid faisait beaucoup de victimes. Louis Hébert, le premier colon au Québec, est mort des suites d'une chute sur la glace.

C'est dire toute la place de la météo dans la santé des Québécois. Une autre chose que les médecins semblent avoir oubliée. Au Québec, l'hiver n'est pas un pays. C'est un tueur en série.

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