Cessez l'hémorragie !

« Les deux dernières années ont été particulièrement difficiles »,... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)

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« Les deux dernières années ont été particulièrement difficiles », confie Sylvette Mousset.

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Sylvette Mousset

Directrice générale du Centre de la petite enfance Les p'tits soleils de Sainte-Dorothée

Madame Monique Sauvé, députée de Fabre,

Le Centre de la petite enfance Les p'tits soleils de Sainte-Dorothée a ouvert ses portes en décembre 1997. Depuis ce temps, nous offrons des services éducatifs de qualité aux enfants de Sainte-Dorothée, à Laval.

Depuis plusieurs années, nous dénonçons le sous-financement chronique du réseau, et les deux dernières années ont été particulièrement difficiles.

L'annonce de compressions supplémentaires de 120 millions dans le réseau des CPE aura un impact dévastateur sur notre organisation. Dans notre CPE, nous devrons trouver une somme de 105 000 $ pour l'année 2016-2017. Pourtant, depuis l'arrivée au pouvoir de l'actuel gouvernement, nous avons réalisé d'énormes efforts pour tenter de retrouver l'équilibre budgétaire.

DE NOMBREUSES MESURES...

• Abolition d'un poste de directrice adjointe ;

• Diminution du budget de l'alimentation ;

• Diminution drastique du budget du matériel pédagogique de 20 000 à 5000 $ ;

• Diminution des heures de planification pédagogique ;

• Remplacement de deux postes d'éducatrices par des postes d'aides-éducatrices ;

• Diminution de près de 45 000 $ des dépenses reliées aux frais généraux.

Malgré cela, le CPE est toujours en déficit puisque la rationalisation de 2,95 % décidée au printemps dernier ampute nos revenus de près de 55 000 $ encore cette année. Ce sont donc plus de 160 000 $ qu'il nous faudra trouver pour réussir à équilibrer le budget l'an prochain. Nous avons fait l'exercice, et pour y arriver, nous devrons...

...ET DES MESURES ADDITIONNELLES 

• Abolir deux postes d'éducatrices ;

• Abolir le poste de l'éducatrice qui s'occupe des enfants handicapés ;

• Abolir le paiement des pauses pour toute l'équipe ;

• Abolir le temps de préparation pédagogique ;

• Abolir le temps de préparation des rencontres de parents ;

• Couper dans les heures de maladie.

Notre équipe de travail sera fragilisée par cet état des choses, puisque, on le sait, chaque personne travaillant dans le domaine de la petite enfance ne reçoit pas un salaire de médecin ! Plusieurs doivent même composer avec un second emploi pour réussir à boucler leur budget.

En supprimant le poste de l'éducatrice responsable des enfants handicapés, c'est une clientèle hautement vulnérable qui sera touchée. Alors que nous avons, depuis 18 ans, développé une expertise dans l'inclusion des enfants à défis particuliers, nous ne serons plus en mesure de tous les recevoir. Nous devrons les « choisir », puisque nous ne serons plus en mesure de répondre aux besoins des plus vulnérables.

QUE VEUT LE GOUVERNEMENT ?

Je travaille dans le réseau des services éducatifs à l'enfance depuis 32 ans et je me questionne actuellement sur l'objectif du présent gouvernement quant à l'avenir de nos CPE. Avouons qu'il est particulièrement facile de croire qu'il désire nous voir disparaître au profit des chaînes de garderies commerciales ouvertes dans les centres d'achat et pour lesquelles le financement indirect par les crédits d'impôt versés aux parents coutera aussi cher au contribuable, tout en ne garantissant pas la qualité du service offert aux enfants. Verrons-nous un système comme en Ontario, où des chaînes de garderies sont cotées en bourse, vouées au profit et non au bien-être des enfants ?

Un enfant ne devrait pas être monnayable, surtout dans une société dite évoluée.

Je suis fatiguée d'entendre Mme Charbonneau raconter que les éducatrices ne seront pas touchées, que les gestionnaires ne savent pas gérer (que je sois en déficit ou en surplus, d'ailleurs) et que la qualité des CPE et des garderies commerciales, c'est la même affaire.

Il faudrait lui faire comprendre que le réseau des CPE a été bâti par des femmes comme moi qui ont à coeur l'éducation des tout-petits, qui se sont formées, ont développé un grand nombre de places au cours des 20 dernières années, ont géré beaucoup de changements et ont démontré leur résilience devant les menaces de coupes lancées régulièrement par les gouvernements libéraux successifs.

Maintenant, il faudrait que le carnage cesse. C'est pourquoi je demande au gouvernement de réinvestir dans les CPE et de nous laisser travailler ! Au lieu de devoir me battre encore une fois pour défendre les droits des tout-petits à une éducation de qualité, je préférerais investir mon temps et l'argent des contribuables à développer des activités visant l'acquisition de saines habitudes de vie.

En comptant sur votre soutien pour faire entendre raison à vos collègues députés, et surtout à la ministre de la Famille, je vous prie d'agréer, Madame la Députée, mes salutations les meilleures.

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