Et les pays insulaires ?

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Sur cette photo prise plus tôt cette année, une marée haute a causé des inondations sur l'île Kili, de la République des Îles Marshall, où l'altitude est d'environ 2 mètres au-dessus du niveau de la mer.

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Catherine Gauthier

Présidente d'ENvironnement JEUnesse et titulaire d'une maîtrise en droit international et politique internationale appliqués de l'Université de Sherbrooke

Pour bien des pays en développement, les effets des changements climatiques se font déjà sentir et s'intensifieront dans les années à venir.

Pour ces pays, dont les pays les moins avancés ou l'Alliance des petits États insulaires en développement, les mesures d'adaptation ne seront pas suffisantes pour limiter les catastrophes climatiques. Le manque de ressources financières de même que l'imprévisibilité des impacts du réchauffement planétaire rendent parfois l'adaptation impossible.

Les pays en développement demeurent vivement préoccupés quant à l'efficacité des plans nationaux d'adaptation en raison d'un financement insuffisant. Afin de pallier les pertes économiques subies par les pays en développement - en plus des coûts associés à l'atténuation et à l'adaptation aux changements climatiques, on parle alors de pertes et préjudices.

Les pertes et préjudices sont liés de près à la question du financement, car un mécanisme international sur ceux-ci devrait prévoir un soutien financier spécifique et additionnel pour atteindre ses objectifs.

UNE ÉTAPE À LA FOIS

Depuis la conférence de Doha, en 2012, l'adaptation aux impacts des changements climatiques de même que les questions liées aux pertes et préjudices se sont imposées au même titre que l'atténuation.

La conférence de Doha a permis une avancée majeure en ce qui a trait à la prise en compte des pertes et préjudices des pays en développement et vulnérables aux conséquences des changements climatiques. Les parties réunies à Doha avaient alors consenti à un mécanisme institutionnel sur cet enjeu.

Puis, à Varsovie, en 2013, les négociations se sont achevées avec la création du Mécanisme international de Varsovie sur les pertes et préjudices. L'année suivante, à Lima, les parties ont adopté un ensemble de décisions pour mettre en place ce mécanisme.

NÉGOCIATIONS DANS L'IMPASSE

Aujourd'hui, il n'existe toujours pas de consensus quant aux pertes et préjudices dans le texte de l'accord de Paris. Si la plupart des parties reconnaissent l'importance de cet enjeu, les États-Unis exercent une forte pression pour supprimer toute référence à la question des pertes et préjudices.

En effet, les États-Unis souhaitent inclure des éléments dans l'accord pour faire en sorte que toute inclusion des aspects entourant l'indemnisation et la responsabilité soit rendue impossible, et ce, de manière permanente.

Pourtant, les termes « indemnisation » et « responsabilité » ne se retrouvent dans aucun des articles liés aux pertes et préjudices.

Les pays n'ont d'ailleurs pas tenté de réintroduire ces notions dans le texte.

Malgré l'insistance de la délégation américaine, l'exclusion explicite de cet aspect n'empêche pas que des poursuites judiciaires soient entreprises ou que des indemnisations soient exigées en dehors de l'accord de Paris, à travers d'autres mécanismes, en vertu du droit international. Cette position de négociation ferme toutefois la porte au dialogue et à toute négociation dans le cadre de cet accord.

LE CANADA ET LES ÉTATS-UNIS

Le Canada s'est démarqué des États-Unis en se ralliant au seuil de 1,5 °C, plutôt que de 2 °C, comme limite de réchauffement. Le pays a également manifesté son soutien envers la défense des droits de la personne, des autochtones et de l'égalité des genres.

Or, aujourd'hui, le Canada affirme qu'il soutient la position américaine sur l'exclusion explicite des notions d'indemnisation et de responsabilité sur les pertes et préjudices. Le Canada pourrait se dissocier de la position américaine et contribuer à sortir les parties de l'impasse. Il reste toutefois peu de temps pour y parvenir, alors qu'un nouveau texte est attendu ce mercredi.

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