« Quelle est la recette du Canada ? »

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Un étudiant de Vancouver montre son appui aux réfugiés syriens, samedi dernier lors d'une manifestation.

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David Johnston

Gouverneur général du Canada

Cette question m'a été posée par la chancelière allemande Angela Merkel quand je l'ai reçue à Rideau Hall à l'été 2012, durant sa visite au Canada.

La chancelière Merkel voulait savoir comment le Canada avait réussi à bâtir une société aussi vibrante avec une population composée de plus de 200 origines ethniques et parlant tout autant de langues.

Avec le Canada, l'Allemagne et les autres pays qui s'apprêtent à accueillir des millions de réfugiés syriens cette année, la question n'a rien d'abstrait.

Ici, au Canada, des gens de tous les horizons se préparent à accueillir des milliers d'enfants, de femmes et d'hommes syriens qui fuient la guerre et qui s'ajoutent aux centaines déjà arrivés.

Aujourd'hui, Rideau Hall est l'hôte d'un forum sur l'accueil des réfugiés réunissant des dirigeants de la fonction publique, du secteur privé et de la société civile qui soutiennent cet effort humanitaire majeur.

Ces dirigeants reconnaissent que l'accueil et l'intégration des réfugiés constituent à la fois un défi et une occasion pour le Canada, et ce, à court et à long terme.

À court terme, il nous faudra accueillir chaleureusement les nouveaux membres de la famille canadienne et les installer dans nos communautés en toute sécurité.

Les opérations seront d'autant plus compliquées qu'elles surviennent durant la saison froide, mais ce ne sera pas la première fois que nous affrontons ensemble les rigueurs de l'hiver canadien.

Il va sans dire que les colons qui se sont établis à Port-Royal, dans ce qui est aujourd'hui la Nouvelle-Écosse, n'auraient jamais survécu à leurs premiers hivers sans la générosité et les conseils des Autochtones de l'endroit.

Notre histoire abonde d'exemples de personnes aux origines diversifiées qui s'entraident dans les moments difficiles.

Le plus grand défi qui nous attend sans doute, à plus long terme, sera d'assurer la réussite de nos nouveaux amis syro-canadiens.

Et si l'intégration réussie des nouveaux arrivants présente un défi important, elle offre par le fait même une occasion considérable au Canada.

Après tout, les grandes nations ne naissent-elles pas de grands défis ?

UNE SOCIÉTÉ OUVERTE

Cette occasion précieuse qui accompagne l'intégration des nouveaux Canadiens consiste à réexaminer et à renouveler notre engagement à édifier une société avertie, bienveillante et ouverte, non seulement pour les réfugiés syriens, mais aussi pour l'ensemble des Canadiens, y compris les plus vulnérables et marginalisés parmi nous.

L'accueil et l'intégration des réfugiés, avec les défis que cela suppose, marquent le plus récent chapitre dans cette expérience perpétuelle qu'est le Canada et qui vise, d'abord et avant tout, à bâtir une société englobante et pleine de possibilités pour des gens aux origines diverses.

Songeons aux racines de notre pays. John Ralston Saul qualifie le Canada de « civilisation métisse ». Notre caractère national est par définition englobant et mixte et, par conséquent, plus solide.

Dans leur livre Why Nations Fail, Daron Acemoglu (un chercheur principal à l'Institut canadien de recherches avancées) et James Robinson affirment que les sociétés ouvertes sur les plans politique et économique connaissent la prospérité, alors que les nations et les sociétés qui pratiquent l'exclusion sont vouées à l'échec.

Récemment, un parent qui habite en Syrie et dont le fils a obtenu une bourse d'études pour réfugiés de l'Université de l'Alberta m'a fourni l'argument sans doute le plus convaincant pour renouveler notre engagement à bâtir une société ouverte et riche en occasions.

Ses remerciements se lisaient ainsi : 

« Vous avez sorti mon fils d'un enfer quotidien plein de risques, de tensions, d'inquiétudes et de douleur. Les roues de la guerre ont écrasé les gens et les pierres, mais pas leur coeur et leur âme, ni jamais leur détermination et leur espoir. »

Alors pour expliquer quelle est la recette du Canada pour bâtir une société diversifiée et ouverte, il faut se rappeler pourquoi on y aspire toujours et encore : parce que c'est la chose juste et sensée à faire.

Maintenant, réinventons comment on y travaille ensemble.

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