Pour le contingentement des programmes universitaires

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« Les enseignants en début de carrière vous le diront : les postes sont rares », écrit Laurence Dugré.

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Laurence Dugré

Enseignante d'histoire au secondaire, passionnée et sans emploi

Dire que les étudiants trop faibles dans les programmes de formation universitaire en enseignement sont la cause des maux en éducation est une erreur, M. Blais. Ce n'est qu'effleurer un problème beaucoup plus large. Par contre, dans ce cas-ci, vous pointez une solution qui pourrait être pertinente pour les étudiants en voie d'insertion professionnelle : celle du contingentement des programmes universitaires en enseignement.

Les enseignants en début de carrière vous le diront : les postes sont rares. Dans mon propre domaine d'enseignement, qui est l'univers social au secondaire, il y a peu de disponibilités d'emplois présentement. Plusieurs de mes collègues reçoivent du chômage et attendent actuellement qu'on les appelle. Le pronostique ? Cela prendra environ dix ans avant de pouvoir obtenir une permanence. Soyez patients.

Pour des raisons de confidentialité, il m'est impossible de révéler le nombre de personnes inscrites en enseignement dans l'université que je fréquente. Cependant, je peux vous assurer que ces étudiants sont trop nombreux pour les postes disponibles. Quelles sont les conséquences prévisibles de cette situation ?

Non seulement les Québécois participent financièrement à la formation des futurs enseignants, mais ils devront aussi contribuer aux prestations de chômage qu'ils obtiendront lorsqu'ils n'arriveront pas à travailler. Vous ne trouvez pas cela paradoxal ? 

Logiquement, nous montreront du doigt les universités québécoises qui ouvrent leurs portes à un nombre trop élevé d'étudiants, comparativement au taux de placement dans ce domaine. 

D'ailleurs, concernant ce taux de placement, je dois relever un détail important. Une simple recherche Google vous présentera des perspectives d'emploi intéressantes et un excellent taux de placement en éducation. Cependant, il faut mentionner que ce taux comprend tous les enseignants obtenant un emploi dans le domaine de l'éducation, le plus souvent dans une commission scolaire. Cela inclut ainsi les enseignants suppléants. 

Un enseignant actuel ayant un bon sens de la débrouillardise et d'adaptation pourra travailler comme suppléant. Cependant, obtenir un contrat ou un poste est une tout autre histoire. Or, ce que nous souhaitons en tant qu'enseignants, c'est d'obtenir ce contrat ou ce poste qui nous mènera enfin à une certaine stabilité d'emploi. Ce détail est alors à considérer lorsque nous abordons le sujet des taux de placement.

LE DEVOIR D'AGIR

De surcroit, j'ajouterais que les futurs enseignants ne sont pas tous des étudiants des programmes de formation en éducation. Depuis quelques années, les universités québécoises proposent en effet des programmes de second cycle en enseignement. Il s'agit d'une maîtrise davantage « pratique », où les professionnels d'autres domaines peuvent obtenir un brevet d'enseignement. Un programme destiné aux professionnels en réorientation de carrière. Mais ce programme fait vivre à d'autres futurs enseignants une problématique sur le plan de l'insertion professionnelle.

Considérant cette importante population d'enseignants et de futurs enseignants sur le marché du travail, il semble nécessaire de se questionner sur la valeur du diplôme universitaire.

Vous me trouverez peut-être pessimiste, mais je ne suis pas la seule. Je crois que la population enseignante a un besoin de contingentement qui doit prendre sa source directement dans les universités québécoises. En pratique, imposer une cote R minimale est déjà chose faite, M. Blais. Il n'y a rien de nouveau dans ce que vous proposez. Imposer une entrevue ? Je ne crois pas avoir les compétences pour me positionner sur le sujet. Quoi qu'il en soit, il est clair qu'un élagage suffisant de la population étudiante ne se produit pas naturellement dans les programmes universitaires de formation en enseignement. Il faut agir.

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