Les gouvernements sortants et les sondages

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L'auteur rappelle que les intentions de vote pour les gouvernements sortants, particulièrement ceux prônant des politiques de droite, sont souvent en deçà du résultat final aux véritables élections.

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Jean-François Caron

Politologue

Pour les chroniqueurs politiques, les sondages sont souvent interprétés comme des vérités absolues, venant donner une crédibilité à leurs analyses et à leurs conclusions. Toutefois, l'histoire récente nous enseigne qu'il est parfois nécessaire de douter de la validité des enquêtes d'opinion.

Pensons, à cet égard, à l'élection albertaine de 2012 qui a permis la réélection du gouvernement progressiste-conservateur d'Alison Redford, alors que tous les sondages laissent présager une victoire historique du Wildrose Alliance. L'élection britanno-colombienne de 2013 est également un bon exemple devant nous inciter à prendre les sondages avec un grain de sel. Même si les sondeurs prévoyaient la victoire des troupes néo-démocrates, la victoire est plutôt allée au gouvernement sortant de Christy Clark. Il en fut de même lors de l'élection québécoise de 2012. Alors qu'un sondage EKOS avait prévu deux jours avant le scrutin que les libéraux de Jean Charest ne recevraient que 23 % des intentions de vote, ils ont plutôt obtenu plus de 31 % des suffrages, ce qui a entraîné un gouvernement minoritaire péquiste.

Outre le fait qu'il faut toujours conserver un esprit critique par rapport aux enquêtes d'opinion, ces quelques exemples semblent vouloir nous donner un enseignement supplémentaire : il y a souvent sous-estimation des intentions de vote des gouvernements sortants.

Par ailleurs, cette évaluation à la baisse semble être exacerbée lorsque ce gouvernement se situe à la droite de l'échiquier politique.

À cet égard, le dernier scrutin britannique semble constituer un bon exemple. Contrairement à ce que les sondages laissaient entendre, les conservateurs de David Cameron réussirent à faire élire un gouvernement majoritaire, et ce, malgré le poids de leurs politiques d'austérité budgétaire mises en place après leur élection en 2010 et de leur programme politique très à droite.

Ces quelques cas semblent vouloir indiquer que les électeurs de droite ou qui favorisent le statu quo font preuve d'une certaine gêne lorsque vient le temps de confier leurs véritables intentions électorales. Ces facteurs pourraient expliquer la sous-évaluation régulière des gouvernements sortants qui ont un programme politique souvent décrié par les acteurs davantage progressistes de la société civile. En d'autres termes, il semblerait que le politically correct de gauche contribue à sous-évaluer les attitudes, au demeurant fort légitimes, des partisans d'une droite politique.

Si cette hypothèse tient la route, il y aurait tout intérêt à s'interroger sur la validité des intentions de vote actuellement créditées au Parti conservateur. Il est utile de rappeler que lors des élections de mai 2011, les sondages avaient tendance à sous-évaluer l'appui que les électeurs accordaient aux troupes de Stephen Harper. Ainsi, la veille de l'élection, différentes firmes établies et respectées (dont Harris-Decima, Nanos Research ou EKOS) accordaient aux conservateurs entre 34 et 37 % des intentions de vote. Or, ces derniers ont plutôt obtenu près de 40 % des voix.

Il faudra attendre le scrutin du 19 octobre avant d'en conclure à la validité de cette hypothèse. D'ici là, il n'en reste pas moins qu'il serait opportun de faire preuve de prudence dans l'évaluation des sondages à venir au cours des prochaines semaines.

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