« Maudits syndicats »... vraiment ?

L'auteur estime que les moyens de pression des... (photo Alain Dion, archives la voix de l'est)

Agrandir

L'auteur estime que les moyens de pression des syndiqués de la fonction publique sont raisonnables.

photo Alain Dion, archives la voix de l'est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Hugo Brossard

Intervenant jeunesse

Ah ! ces maudits syndicats. Depuis toujours, ils font la pluie et le beau temps au Québec. En cette période de compressions, ils revendiquent la lune sans se soucier de quoi que ce soit d'autre que de leurs portefeuilles. Ces gras dur intransigeants sont même prêts à prendre la population en otage pour assouvir leurs instincts égoïstes.

Voilà les commentaires sévères s'abattant régulièrement sur le dos des syndicats et des syndiqués.

Pourtant, leurs revendications ne sont pas que salariales. Ils clament haut et fort que les réductions de postes provoqueront une diminution intenable des services offerts aux plus vulnérables d'entre nous. Lorsque les professionnels sonnent l'alarme sur les risques encourus, cela fait réfléchir, surtout quand on constate l'absence totale d'études gouvernementales sur l'impact des réductions sur les services. On mandate des comptables pour justifier ces décisions, mais aucun spécialiste pour en connaître les impacts, ni même pour savoir où réduire pour minimiser les conséquences.

Or, j'aimerais lire les études montrant les bénéfices d'une augmentation du nombre d'élèves par classe et une diminution de l'accès aux spécialistes.

Disons que le qualificatif d'égoïste perd un peu de sa crédibilité...

Quant aux salaires, on constate vite que les infirmières, préposés, ambulanciers, enseignants, éducateurs et autres intervenants des réseaux de la santé et de l'éducation gagnent nettement moins que leurs homologues du reste du Canada. La parité si juste et nécessaire pour les médecins leur est refusée. Devant ce double standard, disons que la lune semble plus petite tout à coup.

Reste l'intransigeance. 

Peut-on dire que le gouvernement fait preuve de flexibilité ? La feuille de route des libéraux provinciaux tout au long des dernières années démontre plutôt le contraire. 

Peut-on vraiment parler d'intransigeance, alors que la partie adverse reste campée sur sa position et que celle-ci est inférieure à l'inflation ? Ça veut dire que l'offre du patron est une diminution de salaire accompagnée d'une augmentation de la tâche.

Certains prétendent que le rapport de force est malsain lorsqu'il s'agit d'employés de l'État. Après tout, l'État ne risque pas la faillite faute d'entente, les syndicats peuvent donc faire la grève indéfiniment sans risque. N'oublions pas la propension du gouvernement à négocier à coup de lois spéciales.

Mais c'est lorsqu'on parle de prendre la population en otage qu'on atteint les limites du ridicule. Personne ne travaille dans le réseau de la santé ou de l'éducation sans avoir à coeur le bien-être des patients. Et le gouvernement compte là-dessus. Il sait que ces professionnels seront tiraillés entre la justesse de leur cause et les conséquences des moyens de pression sur leur clientèle.

N'oublions pas que la plupart des moyens de pression des enseignants consistent à ne travailler que les heures réellement payées et reconnues par le gouvernement. Refuser de faire du bénévolat pour l'employeur, alors qu'il baisse votre salaire tout en alourdissant votre tâche, n'est pas exactement l'horreur. Cela semble même être logique.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer