Alberta : l'effet Notley ?

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a... (Photo Andrew Vaughan, archives La Presse Canadienne)

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Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a qualifié l'élection de Rachel Notley, au poste de première ministre de l'Alberta, de « catastrophe », rapelle l'auteur.

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Daniel Béland

Professeur et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en politiques publiques à l'Université de la Saskatchewan. L'auteur collabore à la section Débats pendant la campagne électorale.

Lors de l'élection fédérale de 2011, le Parti conservateur remporta 27 des 28 sièges en Alberta, confirmant son statut de château fort absolu de Stephen Harper.

La seule députée de l'opposition élue cette année-là fut la néo-démocrate Linda Duncan, dans la circonscription d'Edmonton-Strathcona. À l'époque, l'Alberta apparaissait comme un château fort conservateur imprenable, surtout que la droite dominait également sans partage la vie politique provinciale, les conservateurs, au pouvoir sans interruption depuis 1971, faisant face à une opposition officielle encore plus à droite, celle du Parti Wildrose, dirigé alors par Danielle Smith.

Cinq ans plus tard, la situation politique provinciale est très différente, avec l'élection, le 5 mai dernier, d'un gouvernement NPD dirigé par Rachel Notley. Depuis, les spéculations vont bon train au sujet de l'impact potentiel de cette victoire du NPD sur l'élection fédérale du 19 octobre. Certainement, les conservateurs en poste à Ottawa n'avaient pas prévu ce scénario, qui les agace visiblement. Cette irritation est palpable dans certaines des attaques de Stephen Harper contre le gouvernement Notley, qualifié même de « catastrophe » par le premier ministre, le mois dernier.

Un problème apparent pour Stephen Harper est que le gouvernement Notley semble demeurer relativement populaire, plus de quatre mois après son élection.

Cette situation pourrait favoriser les troupes de Thomas Mulcair, qui espèrent faire des gains dans la province. La même remarque s'applique d'ailleurs aux libéraux, qui souhaitent également profiter de cette situation pour amplifier leur appel au changement.

Il y a désormais 34 circonscriptions fédérales dans la province (6 de plus qu'auparavant) et, malgré l'avance indéniable des conservateurs dans les sondages, la lutte s'annonce plus serrée qu'en 2011 dans certaines parties de la province, qui peut être divisée en trois régions principales.

Depuis longtemps, la région d'Edmonton est une terre moins fertile pour la droite que le reste de la province. À l'élection provinciale de mai dernier, le NPD avait d'ailleurs remporté la totalité des sièges dans cette ville connue sous le pseudonyme de Redmonton (« Edmonton la rouge »). Capitale provinciale et « ville de fonctionnaires » abritant également la plus grande université de la province, Edmonton pourrait voir le NPD et même les libéraux faire des gains. Toutefois, les conservateurs devraient pouvoir facilement remporter certains sièges, surtout ceux qui sont plus éloignés du centre-ville et du campus de l'Université de l'Alberta, bastion traditionnel de la gauche albertaine.

La seconde région principale est celle de Calgary, la ville de Stephen Harper. Ville d'affaires et centre de l'industrie pétrolière, Calgary est un terrain traditionnellement moins favorable aux libéraux et au NPD. D'ailleurs, lors de la récente élection provinciale, le NPD remporta beaucoup moins de sièges à Calgary qu'à Edmonton. Bien que le NPD et, surtout, les libéraux espèrent pouvoir faire quelques gains à Calgary, la domination conservatrice devrait s'y poursuivre.

La dernière région comprend le reste de la province, soit les milieux ruraux et les centres urbains de moindre importance. Ici, les conservateurs demeurent très dominants et ils devraient normalement remporter la grande majorité des sièges. Une exception possible est la circonscription de Lethbridge, ville située dans le sud de la province. Quatrième ville en importance après Calgary, Edmonton et Red Deer, Lethbridge est notamment un centre universitaire, une situation qui pourrait favoriser le NPD.

Bref, l'effet Notley varie d'une région à l'autre et, si les conservateurs peuvent subir des pertes, ils semblent actuellement en bonne position pour continuer à dominer la province à l'élection du 19 octobre. L'Alberta devrait ainsi rester favorable à Stephen Harper.

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