Le défi du vieillissement de la population

« Le gouvernement de Stephen Harper [qu'on voit ici... (Photo Justin Tang, archives La Presse Canadienne)

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« Le gouvernement de Stephen Harper [qu'on voit ici avec son ministre des Finances, Joe Oliver] a préféré, ces quatre dernières années, protéger sa propre situation financière en réduisant le taux de croissance de ses engagements financiers futurs dans divers programmes dont on prévoyait une forte augmentation de leurs coûts à cause du vieillissement de la population », constate l'auteur.

Photo Justin Tang, archives La Presse Canadienne

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Jean-Pierre Aubry

Économiste et fellow associé au CIRANO

L'importance d'une gestion gouvernementale à long terme ne se limite pas aux investissements en infrastructures ; elle est nécessaire en ce qui a trait au vieillissement de la population.

Les Canadiens et leurs dirigeants politiques sont de plus en plus conscients que le vieillissement de la population aura un impact majeur sur la société canadienne et sur son économie pendant au moins deux décennies.

Tous les niveaux de l'administration publique seront affectés. Pensons aux régimes publics de pensions, aux programmes de la Sécurité de la vieillesse (SV) et du Supplément de revenu garanti (SRG). Pensons à la forte hausse des coûts du système public de santé de chaque province. Pensons aux défis reliés aux besoins en main-d'oeuvre, à sa formation et sa mobilité, tant à l'intérieur des provinces qu'entre les provinces. Pensons aux implications importantes de ce choc sur les municipalités dans le domaine de l'habitation et du transport. Pensons que, durant cette période, nous aurons à la fois une économie et des revenus gouvernementaux dont les taux de croissance annuels seront en moyenne plus faibles que par le passé et une forte hausse de la demande pour certains services publics, notamment en santé. Tout un défi !

Les chances de bien gérer ce grand dossier sont meilleures dans un environnement de collaboration entre le gouvernement fédéral, les gouvernements provinciaux et les municipalités. C'était d'ailleurs un des messages du discours du Trône en avril 2006, au tout début du premier mandat du gouvernement Harper. Ce message a été maintes fois répété dans un document budgétaire publié en mai 2006 et intitulé Cibler les priorités. La première phrase de ce texte se lit comme suit : « La collaboration entre le gouvernement du Canada et les provinces et territoires a été essentielle pour l'évolution de la fédération canadienne. »

Ces dix dernières années, et surtout dans les quatre dernières années avec un gouvernement majoritaire, le gouvernement fédéral s'est grandement éloigné de cet objectif de collaboration qu'il s'était lui-même fixé.

Beaucoup de décisions reliées à ce dossier ont été prises sans consultation et de façon unilatérale.

C'est le cas de la hausse de l'âge de l'admissibilité à la SV et au SRG, les changements aux programmes de l'assurance-emploi, la réduction du taux de croissance des transferts en santé, le plafonnement de l'enveloppe de la péréquation, le refus de discuter de changements au Régime de pensions du Canada et la distribution des transferts en santé simplement sur une base par habitant en ignorant la différence entre la structure d'âge des provinces.

Le gouvernement fédéral a préféré, ces quatre dernières années, protéger sa propre situation financière en réduisant le taux de croissance de ses engagements financiers futurs dans divers programmes dont on prévoyait une forte augmentation de leurs coûts à cause du vieillissement de la population.

Une des conséquences de ce choix est de hausser le fardeau financier des provinces devant cette énorme vague démographique. Ce transfert financier vers les provinces explique en partie le fait que le gouvernement fédéral se dirigerait à long terme vers des surplus budgétaires importants, alors que les provinces se dirigeraient vers des déficits budgétaires de plus en plus importants.

Le ministère des Finances du Canada en est venu à ce constat. Même constat dans les dernières études du Directeur parlementaire du budget sur la viabilité financière du gouvernement fédéral. Même constat dans l'étude publiée l'été dernier par le Conseil de la fédération. Il faut cependant noter que le gouvernement fédéral a réduit significativement sa ponction sur l'assiette fiscale canadienne et que, ce faisant, il a laissé plus de place aux provinces pour des augmentations de taxes et impôts qui devraient les aider, en partie, à faire face aux implications du vieillissement de leur population.

Il serait donc souhaitable que les trois grands partis politiques s'engagent véritablement à gérer ce grand dossier du vieillissement de la population dans un environnement de plus grande collaboration.

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