Remettre les changements climatiques à l'ordre du jour

Le cinquième rapport d'évaluation du GIEC a apporté... (photo alain roberge, archives la presse)

Agrandir

Le cinquième rapport d'évaluation du GIEC a apporté de nouvelles preuves que le réchauffement planétaire est bien réel.

photo alain roberge, archives la presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Philippe Bourke

Directeur général du Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement (RNCREQ)

À tous les chefs des partis fédéraux,

Il fut un temps pas si lointain où nous pouvions nous enorgueillir du leadership du Canada en matière de lutte contre les changements climatiques.

Malheureusement, au cours de la dernière décennie, c'est à une attitude laxiste et complètement contraire à laquelle nous avons eu droit de la part du gouvernement fédéral.

Cela ne peut plus continuer ainsi. Le mode de développement quasi unisectoriel du Canada nuit à la productivité, comme le souligne l'OCDE, en plus d'affecter les conditions d'existence sur Terre. L'avenir de nos enfants et des générations futures s'en trouve d'autant plus menacé.

La science confirme les changements climatiques et la responsabilité de l'être humain. Ces derniers mois encore, la science est venue confirmer l'urgence d'agir devant l'impact des activités humaines sur le climat. Le cinquième rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a apporté de nouvelles preuves que le réchauffement planétaire est bien réel. La NASA et l'OMM font aussi ce constat sans équivoque et annoncent, année après année, que les observations témoignent bel et bien d'un réchauffement planétaire mondial.

Il existe une bonne nouvelle : agir contre les changements climatiques est positif pour l'économie et la santé.

Les plus grandes organisations économiques mondiales ont pris acte de ce constat et s'entendent sur l'importance d'agir pour atténuer les conséquences économiques de ces changements. La Banque mondiale, avec son rapport « Turn down the Heat », nous met en garde devant les lourdes conséquences économiques qui seraient provoquées par un réchauffement climatique se situant entre 2 °C et 4 °C.

Plus près de chez nous, un rapport de la Banque TD de 2014 estime que les coûts annuels engendrés par les catastrophes naturelles devraient atteindre cinq milliards en 2020 au Canada (21 à 43 milliards par année à partir de 2050).

En contrepartie, il est de plus en plus évident que les mesures de réduction de nos émissions de GES sont positives pour l'économie. Un récent rapport commandé par Ressources naturelles Canada démontre notamment qu'investir dans l'efficacité énergétique augmente considérablement le PIB et stimule la croissance de l'emploi, hausse la compétitivité et la productivité des entreprises et de l'industrie, en plus d'augmenter les recettes publiques.

Au Québec, une étude économique réalisée pour le compte du Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement (RNCREQ) démontrait, elle aussi, les nombreux bénéfices économiques d'une réduction de la consommation de pétrole dans le secteur des transports routiers : en six ans, ce sont 130 000 emplois qui seraient créés, en plus d'offrir des économies de 2 000 à 4 000 $ par année pour les ménages québécois.

La majorité des Canadiens sont d'avis que le gouvernement fédéral manque de leadership sur la question des changements climatiques. Voilà une occasion à saisir pour vous.

À la veille de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Paris à la fin de l'automne, faites-vous le porte-parole de la majorité des électeurs en assumant un leadership fort en matière de lutte contre les changements climatiques : 

• Engagez-vous à développer et à mettre en oeuvre un plan d'action contraignant visant la réduction des émissions de GES au Canada.

• Promettez d'imposer aux entreprises qui exploitent le pétrole canadien des normes d'émissions sévères. Dans les conditions actuelles, l'expansion de la production de pétrole des sables bitumineux doit être stoppée.

• Insistez sur le besoin de diversifier l'économie canadienne en investissant dans les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et la mobilité durable, accélérant ainsi l'indispensable transition énergétique du pays.

Nous pourrons vous accompagner et vous conseiller dans la mise en oeuvre de ces engagements.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer