Le Barreau, un « pilier chenu » ?

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L'auteur et quelques anciens collègues du Barreau ont discuté de ce qu'il qualifie de « bâtonnièregate », l'affaire Lu Chan Khuong (photo).

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Léon Bérard

L'auteur a été directeur des communications du Barreau du Québec pendant 30 ans.

Comment un « pilier de la justice » peut-il être chenu ?

Je sais bien qu'Yves Boisvert (La Presse, 19 juillet) a cherché en vain le mot qui qualifierait le mieux le Barreau du Québec. « Blanchi », « vieilli par l'âge », le Barreau ? Non, mais victime de quelques-uns de ses membres depuis plusieurs semaines.

Il y a quelque temps, avec quelques-uns de mes anciens collègues permanents du Barreau du Québec, comme on nous appelait à l'époque, nous avons devisé sur le « bâtonnièregate ».

Soulignons qu'au Barreau, ensemble, nous avons cumulé au bas mot 150 ans de service, des années 60 à 2010 environ. C'est dire que nous avons participé à, inspiré et animé aussi - disons-le sans prétention - la naissance et l'épanouissement du Barreau d'aujourd'hui. Nous avons côtoyé et travaillé étroitement avec plus d'une trentaine de bâtonniers du Québec, probablement plus de 500 bâtonniers de section et, sans exagération, avec au-delà d'un millier de membres au sein de nombreux comités qui ont donné son âme au Barreau et en ont fait un critique sollicité, écouté et maintes fois suivi en matière de législation tant fédérale que québécoise.

Notre rapport avec le Barreau du Québec a toujours été empreint d'un profond respect pour l'institution, que nous avons constamment promue et défendue en toutes circonstances, heureuses et malheureuses.

Nous avons vécu - parfois survécu à - des heures profondes de satisfaction et de déception dans l'exécution de nos mandats respectifs, consacrés à la mission première de l'ordre des avocats, la protection du public. Nous avons été au coeur de débats importants pour les avocats et avocates, pour la justice du Québec, pour les Québécois.

Au cours des dernières semaines, nous avons assisté au triste spectacle offert par les dirigeants actuels du Barreau du Québec, et cela inclut les deux parties qui s'affrontent maintenant devant les tribunaux.

Nous ne prétendons pas trancher en faveur de l'un ou l'autre camp, mais nous sentons le besoin d'exprimer notre profonde déception de constater l'acharnement que les uns et les autres mettent à s'attaquer, à se dénigrer, à se chamailler sur la place publique.

Vous tous et toutes, choisis par vos pairs pour les représenter, n'avez pas réussi - l'avez-vous seulement voulu ? - à vous élever au-dessus des mesquineries d'un débat honteux, mené par médias interposés à la grande joie de vos conseillers respectifs en gestion de crise et en relations publiques.

Savez-vous que le Barreau du Québec est devenu la risée du monde professionnel, alimentant les préjugés à l'endroit des avocats ? On voit bien, dit-on, pour paraphraser un clin d'oeil de Stéphane Laporte, que le Barreau a trouvé le moyen de créer de l'emploi pour ses membres !

De grâce, mettez fin à votre entreprise de démolition de l'image et de la réputation du Barreau du Québec. Sortez votre débat de la place publique, mettez en pratique les méthodes dites douces de règlement de conflits que vous proposez vous-mêmes à vos clients. Taisez-vous tant que vous n'aurez pas trouvé la solution à votre lutte intestine.

Le Barreau du Québec est une institution trop importante dans notre démocratie pour que vous continuiez à l'hypothéquer. À certains égards, vous ne la méritez pas !

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