Nos portes sont ouvertes, mais les places manquent

« Il est nécessaire que des actions concrètes soient... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, archives La Presse)

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« Il est nécessaire que des actions concrètes soient mises en place et la première est qu'il faut soutenir financièrement l'augmentation du nombre de places de refuges disponibles sur l'île de Montréal », plaide l'auteure.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, archives La Presse

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Sabrina Lemeltier

Directrice générale de La Dauphinelle, maison d'hébergement pour femmes avec enfants

L'auteure réagit au texte de Gabrielle Duchaine, « Coincées dans leur ménage toxique », publié le 17 août.

Les portes de La Dauphinelle, maison d'hébergement pour femmes avec enfants, sont toujours ouvertes, mais le problème est que nous manquons de places. C'est un défi quotidien de réussir à faire face aux demandes que nous recevons.

Au moment d'écrire ces lignes, 14 femmes et 22 enfants sont hébergés à La Dauphinelle. Cependant, nous recevons un financement du gouvernement du Québec pour 15 places.

Oui, les demandes sont en augmentation et plusieurs éléments peuvent l'expliquer, dont notamment les différentes politiques gouvernementales de lutte contre la violence conjugale. Nous demandons aux victimes de sortir de la relation malsaine et de demander de l'aide. Elles le font.

Oui, nous faisons des refus pour manque de place. Ce n'est pas facile pour nous et encore moins pour la personne au bout du fil.

Depuis 2008, nous avons fait des représentations auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux, auprès de feu l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal ainsi que, dernièrement, auprès de la Ville de Montréal pour tenter d'obtenir de l'aide pour faire face à cette situation. La réponse est malheureusement toujours la même : il n'y a pas de crédit disponible pour créer de nouvelles places d'hébergement à Montréal.

Je suis toujours triste de lire dans les journaux qu'une femme ou que des enfants ont perdu la vie, car je sais que nous pouvons intervenir et éviter de tels drames. Mais nous ne pouvons pas le faire seul et il est nécessaire que les besoins soient reconnus, que des actions concrètes soient mises en place et la première est qu'il faut soutenir financièrement l'augmentation du nombre de places disponibles sur l'île de Montréal.

On ne magasine pas une maison d'hébergement ; il faut qu'au moment de la demande, une place soit disponible. Ainsi, nous éviterons des drames qui sont malheureusement trop vite oubliés et encore trop nombreux

À la mémoire de : Anise Rousselle, Samantha Higgins, Cheryl Bau-Tremblay, Pamela Jean, Nancy Samson ainsi que toutes les femmes assassinées par leur conjoint.

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