Désolant et décevant

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Selon le président de Canadian Media Research, Barry Kiefl, Radio-Canada a tenu pour acquis que la demande des annonceurs serait plus forte et elle n'est pas parvenue à jauger très précisément le marché publicitaire canadien.

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Alain Saulnier

Auteur d'Ici était Radio-Canada aux Éditions Boréal et ancien directeur général de l'information de Radio-Canada

J'ai eu le privilège de témoigner en janvier dernier devant le comité du Sénat qui s'est penché sur l'avenir de Radio-Canada.

C'est ce même comité qui a accouché cette semaine du décevant et désolant rapport Le moment est venu de changer : CBC/Radio-Canada au vingt et unième siècle. On m'avait invité à la suite de la parution de mon livre Ici était Radio-Canada (Éditions Boréal). J'avais alors insisté sur deux points : l'importance de trouver un financement stable et à long terme pour Radio-Canada, et la nécessité d'avoir une direction et un conseil d'administration réellement indépendants du pouvoir politique.

Rien de cela n'a été retenu. Le comité sénatorial, composé d'une majorité de sénateurs conservateurs, a plutôt insisté pour réduire davantage l'importance du diffuseur public. En ce qui concerne l'indépendance de Radio-Canada, il a recommandé que ce soit le conseil d'administration qui nomme le président-directeur général. Mais qui nomme les membres du conseil d'administration ? Le parti au pouvoir ! Retour, donc, à la case départ !

Pour le financement, le comité recommande que Radio-Canada envisage d'autres modes de financement et de nouvelles sources de revenus afin de réduire la dépendance de la Société à l'égard des crédits gouvernementaux.

Alors, lesquelles ? La réponse se trouve à la recommandation n0 16 : augmenter la publicité commerciale ! « Que CBC/Radio-Canada examine les coûts et les avantages de la publicité commerciale tant pour ses services anglais que pour ses services français. » Comme s'il n'y en avait pas déjà trop !

Puis, c'est la recommandation n0 8 du démantèlement : « Que CBC/Radio-Canada se départisse de ses biens immobiliers et loue les installations et bureaux nécessaires à ses activités. » N'est-ce pas ce que fait l'actuelle direction d'Hubert Lacroix ?

En plus, le rapport recommande « que Radio-Canada cesse toute production interne de programmes ne traitant pas des nouvelles et de l'actualité, et mette plutôt l'accent sur la diffusion de spectacles d'artistes canadiens et de manifestations culturelles canadiennes, tels que le Ballet royal de Winnipeg, l'Orchestre symphonique de Toronto, le Royal Nova Scotia International Tattoo, l'Opéra d'Edmonton et l'Orchestre symphonique de Montréal ». Désolant et décevant. C'est presque pathétique !

On est loin des recommandations que j'avais alors formulées.

J'insistais pour que le mode de nomination du PDG et des membres du C.A. soit totalement transparent et relève de l'ensemble des parlementaires. Je l'ai démontré dans mon livre : l'actuelle direction est complice de l'opération de démantèlement souhaitée par les conservateurs.

Je proposais aussi trois sources de financement : un financement gouvernemental stable sur cinq ans, une formule de redevances tirées de la vente de tous les types d'écrans vidéo, télévision et écrans mobiles, et enfin, l'établissement d'un plafond de revenus commerciaux à 15-20 %.

Heureusement, le sénateur Art Eggleton a été le seul à inscrire sa dissidence à ce malheureux rapport. La mienne est connue et leur est maintenant communiquée.

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