Quand le génie nous tire dans le pied

Michel Ménard se montre grandement insatisfait des travaux... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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Michel Ménard se montre grandement insatisfait des travaux effectués au carrefour Pie-IX - Henri-Bourassa.

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Michel Ménard

Designer industriel, Montréal-Nord

Il était une fois un boulevard mal en point parce que la densité de circulation était telle que tous les matins et tous les soirs, c'était la congestion monstre. En plus, on a découvert qu'un viaduc permettant de croiser un autre grand boulevard était pourri et devait être démoli.

On a donc planifié de grands travaux de réfection et des comités ont accouché d'un plan de rénovation urbaine hautement scientifique validé par l'élite des urbanistes contemporains du pays. Ça allait être beau en ta..., selon ce qu'on nous disait à l'époque.

Trois ans de travaux d'une lenteur phénoménale ont alors été entrepris impliquant des milliers de cônes et des restrictions pénibles pour les automobilistes devant passer par cette route pour gagner leur pain.

(Les chiffres fournis par la municipalité parlent de 55 millions en dépenses, mais on est en droit de douter, le passé de nos dépenses en infrastructures étant ce qu'il est.)

On se retrouve aujourd'hui devant le résultat final de ce rocambolesque projet avec comme conséquence que le boulevard Pie-IX, qui a six voies d'un bout à l'autre de la ville de Montréal ainsi que sur le pont Pie-IX, se trouve étranglé à quatre voies sur la portion de la rénovation. Le matin et le soir, la congestion est devenue délirante.

Des penseurs qui planifient l'avenir de notre société ont, semble-t-il, statué qu'il faut restreindre les voies de circulation pour contraindre la population à utiliser les transports publics. De très méchantes langues prétendent aussi qu'on a voulu transférer le trafic vers le pont de l'A25 afin de collecter plus de péage au profit d'une obscure société très amie avec nos dirigeants politiques et extrêmement lucrative.... En tant que citoyens, nous sommes impuissants devant une pareille dilapidation des fonds publics, qui ont été utilisés pour livrer un résultat d'une médiocrité absolue, moins performante que l'infrastructure précédente.

En toute bonne foi, j'ai donc assisté à une réunion du conseil municipal de Montréal-Nord pour voir s'il était possible d'exprimer mon opinion démocratiquement. Un conseiller de la Ville, Jean-Marc Gibeau, a mentionné que tous devaient être fiers des travaux de l'intersection Pie IX-Henri-Bourassa. J'ai levé la main pour protester, mais en désespoir de cause je suis sorti de la salle. M. Gibeau m'a poursuivi jusqu'à mon véhicule pour connaître la source de mes frustrations (et pour ceci je le salue).

Il m'a alors confirmé qu'il comprenait très bien ma frustration, mais il m'a assuré que l'avenir était dans les restrictions du flux du trafic et que je n'avais encore rien vu. Dans quelque temps, tout le boulevard Pie-IX et même le pont seront réduits à quatre voies, m'a-t-il affirmé : c'est la tendance de l'avenir, et on ne peut rien y faire.

On est restés très courtois, mais son discours m'a convaincu que nous sommes actuellement sous l'emprise de penseurs profondément déments qui ont décidé de gérer le flux d'automobiles comme on le fait avec du bétail, avec une logique parfaitement imbécile.

***

Malgré les montants astronomiques qu'on y injecte, les transports en commun à Montréal sont d'une inefficacité proverbiale. Allez faire une promenade à Paris et on s'en reparlera. Pour un très grand nombre de travailleurs, ce n'est absolument pas une solution et toute l'industrie du transport de marchandises, vitale à notre économie, souffrira du délire de nos théoriciens à gogo. Et nous, on paiera les frais supplémentaires, parce qu'il y en aura.

En tant que citoyen payeur de taxes, je réclame que les dégâts du dérapage du carrefour Pie-IX-Henri-Bourassa soient réparés et que les six voies soient rétablies. Trouvez les responsables du gâchis et empêchez-les de nuire à nouveau. Ne les laissez surtout pas intervenir dans les projets de Turcot et du pont Champlain. Ils nous coûteraient une fortune pour un résultat désastreux qu'on regretterait pour 100 ans.

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