Le chantage du ministère du Patrimoine

L'auteur dénonce que Patrimoine canadien, dont la ministre... (PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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L'auteur dénonce que Patrimoine canadien, dont la ministre est Shelly Glover, oblige les éditeurs québécois à indiquer « Financé par le gouvernement du Canada » dans leurs ouvrages, et ce, dans les deux langues officielles.

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Victor-Lévy Beaulieu

Éditeur

L'auteur adresse sa lettre à la ministre du Patrimoine canadien, Shelly Glover.

Madame la ministre,

Il y a quelques semaines, nous recevions de l'une des fonctionnaires de votre ministère une lettre nous informant que le fonds d'aide à l'édition du gouvernement fédéral modifiait l'un de ses règlements quant à l'obtention de toute subvention par Patrimoine canadien.

Cette nouvelle règle entend obliger les éditeurs québécois à inscrire sur leurs sites, sur tous leurs documents officiels, notamment ceux de la promotion de leurs ouvrages, la mention « Financé par le gouvernement du Canada », suivie par le logo du drapeau du Canada, et cela, en français et... en anglais. Faute de répondre à cette exigence ministérielle, l'éditeur québécois, est-il dit dans cette nouvelle règle, ne recevra plus de subventions de Patrimoine canadien.

J'ai fait parvenir à vos fonctionnaires une lettre afin de dénoncer cette nouvelle règle et le chantage dont votre ministère, plutôt odieusement, fait peser sur les maisons d'édition québécoises. Je vous écrivais en substance : 

« Nous nous opposons catégoriquement au fait que le gouvernement exige de nous que nous utilisions le bilinguisme afin d'obtenir l'aide financière de votre ministère. La loi 101 a établi que le français est la langue officielle du Québec, donc sa langue d'usage.

Comme Québécois, nous tenons à respecter ce qui constitue le fondement même de la loi 101.

Le Québec est menacé de toutes parts, y compris par le gouvernement fédéral, par l'envahissement de l'anglais et il est impératif pour nous qu'il puisse conserver ce qui le démarque comme nation (nation d'ailleurs reconnue par une loi de votre gouvernement). »

Nous n'avons pas reçu de réponse à notre lettre. Et les fonctionnaires de votre gouvernement continuent comme si de rien n'était de nous menacer « de bloquer l'aide à l'édition à laquelle nous avons droit » si nous ne nous conformons pas à votre nouvelle politique.

Voilà pourquoi nous rendons public ce que nous considérons comme une injure faite à notre nation : qu'un gouvernement se livre au chantage afin de parvenir à ses fins, soit le bilinguisme à tout prix, est parfaitement odieux.

Nous demandons donc à tous nos camarades éditeurs, à l'Union des écrivains et des écrivaines québécois, à l'Association des éditeurs, à la ministre de la Culture du Québec et à toutes celles et tous ceux qui ont à coeur la défense de la langue française au Québec de protester auprès de vous par-devers ce nouveau règlement et le chantage éhonté qui l'accompagne.

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