Si c'est bon pour Joël...

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L'auteur aurait voulu que Joël Legendre souligne la difficulté qu'ont de nombreux Québécois à avoir accès à une thérapie comme celle qu'il a lui-même entreprise.

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Gilles Simard

Journaliste, auteur et pair aidant en santé mentale  à l'organisme Pech

Que Joël Legendre ait profité d'une heure de grande écoute pour javelliser sa réputation, je veux bien. Mais lorsqu'il dit vouloir profiter de la prochaine grande-messe du Bye Bye pour « rire de lui » avec son histoire d'exhibitionnisme et d'épisodes suicidaires, là, je lui suggère fortement de se garder une petite gêne.

De fait, contrairement à ce que clament haut et fort nombre d'humoristes et d'animateurs de radio poubelle, tout ne doit pas nécessairement devenir soluble dans l'humour gras et commercial du seul fait qu'un tel genre d'incident soit d'ordre public.

Ainsi, parlant de cette ô combien grave et importante problématique qu'est le suicide au Québec, le risque est en effet très grand de passer d'une volonté de dédramatisation à une désolante banalisation du sujet, et ce, en épiçant trop la sauce avec la compassion de service et les bons sentiments d'usage. Un peu, d'ailleurs, comme pendant cette entrevue des plus complaisantes de Pénélope McQuade et Jean-Luc Mongrain avec l'ancien animateur de Paquet Voleur.

N'empêche, je saurais gré à Joël Legendre d'avoir bien voulu souligner le côté positif de ses trois mois de thérapie, ne serait-ce que pour souligner le fait que des centaines de milliers de personnes, au Québec, n'ont toujours pas accès à quelque thérapie que ce soit, faute de psychologues disponibles au public et faute de moyens pour s'en offrir une au privé.

Conséquemment, ces hommes et ces femmes en sont réduits à prendre les seuls médicaments qu'on leur propose, avec tous les effets secondaires indésirables que cela implique.

Les résultats se font ainsi souvent attendre en matière de guérison des maladies de l'âme.

UN SYSTÈME À DEUX VITESSES

Sur le sujet, d'ailleurs, Rose-Marie Charest, l'ex-présidente de l'Ordre des psychologues du Québec, disait : « L'efficacité de la psychothérapie est bien démontrée et le public veut y avoir recours. Ce n'est pas le portefeuille qui devrait dicter un choix de traitement. Les listes d'attente sont pleines, on nous rapporte des mois, voire plus d'un an avant de pouvoir consulter un psychologue dans le réseau public. Nous vivons littéralement dans un système à deux vitesses. Le prochain gouvernement doit agir. »

Et de rajouter David Levine et Michael Sheehan, porte-paroles du Collectif pour l'accès à la psychothérapie : « S'il mettait en place une politique de remboursement des frais de psychothérapie, le Québec deviendrait, comme c'est souvent le cas, un chef de file en Amérique du Nord, à la suite du Royaume-Uni et de l'Australie, où des mesures équivalentes ont été mises en place et où les avantages ont été démontrés. »

Quand on sait que l'État perd des milliards à cause des problèmes reliés à la maladie mentale et à la toxicomanie, imaginez l'économie si le gouvernement libéral passait vraiment à l'action au lieu de faire dans le réchauffé et les hydrocarbures...

Et puis, si c'est bon pour Joël, c'est bon pour les autres, non ?

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