La loterie des rendez-vous

« Nous, les patients, concédons beaucoup en acceptant même... (PHOTO PRAKASH SINGH, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE)

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« Nous, les patients, concédons beaucoup en acceptant même parfois de faire des kilomètres pour consulter notre médecin », affirme Danielle Houle.

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Danielle Houle

Retraitée, Sainte-Marthe-sur-le-Lac

Depuis le mois de mars, je tente d'obtenir un rendez-vous avec mon médecin généraliste. La première fois, à ma grande surprise, la réceptionniste m'informe que, depuis peu, il y a un nouveau système de prise de rendez-vous. Le tout se fait seulement le lundi matin à compter de huit heures. Elle me demande de rappeler le lundi suivant.

Je me soumets à cette nouvelle exigence et, le moment venu, dès 7h59, je me mets au « travail ». Immédiatement, mes oreilles se heurtent au bruit que je ne voulais surtout pas entendre... la ligne est déjà occupée ! En bonne combattante, je m'agrippe désespérément et je signale en rafale. Vous devinez sûrement la suite. Environ deux heures plus tard, au moment où la ligne se libère, c'est pour apprendre que, malheureusement, c'est complet. « Je suis désolée, madame, mais vous devrez rappeler lundi prochain ».

Après deux mois de cette saga où j'ai consacré deux heures de mon précieux temps tous les lundis matin... VICTOIRE ! En ce lundi 8 juin, j'obtiens tout de suite la communication. Croyez-le ou non, ils ont encore changé leur méthode. La réceptionniste m'annonce candidement que « nous ne prenons plus de rendez-vous avant le 19 août, moment où Dr D. nous soumettra sa nouvelle cédule ».

PAS DE RECETTE MAGIQUE

Je lui fais calmement part de mon désarroi, et elle me dit qu'il n'y a pas de recette magique et qu'obtenir la ligne téléphonique, c'est comme gagner à la loterie ! Misère, moi qui ne suis pas chanceuse aux jeux de hasard... Donc, si la chance ne me favorise pas le 19 août prochain, cela signifie que je devrai attendre encore trois mois avant d'avoir la possibilité d'être exaucée.

Lorsque je lis que les primes ont tout de même réussi à faire augmenter de 800 000 le nombre de patients pris en charge par un médecin de famille en 2011, cela me fait bien rire.

Soyons franc, le fait d'avoir été vu une fois par un généraliste (c'est sûr, la prime est attirante) et ensuite d'être presque dans l'impossibilité d'avoir accès à ce médecin, cela ne fait pas de nous, cher M. le ministre, un patient « pris en charge ».

Les médecins se sont engagés à ce que, d'ici 2017, chacun d'entre nous ait accès à un médecin de famille avec une possibilité de rendez-vous dans un délai d'une semaine. Pardonnez mon scepticisme, mais je le croirai lorsque je le verrai. J'espère toutefois sincèrement qu'ils sauront me démentir et qu'ils parviendront à atteindre cet objectif.

Ainsi, nous, les patients qui concédons beaucoup en acceptant même parfois de faire des kilomètres pour consulter notre médecin (pour ma part, j'habite Sainte-Marthe-sur-le-Lac et mon généraliste est sur la Rive-Sud !), n'aurons pas l'impression de faire cavalier seul.

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