Merci, Monsieur !

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L'auteur, Daniel Paillé, discute avec Jacques Parizeau lors d'une rencontre en 2010.

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Daniel Paillé

L'auteur a été militant, stagiaire universitaire, conseiller ministériel et ministre de Jacques Parizeau

Monsieur,

Vous m'avez montré la rigueur, la nécessaire compétence, la détermination, le respect des principes, voire l'entêtement, le travail, le travail et encore le travail.

Grâce à ce que vous avez fait et enseigné magistralement dans des salles de cours bondées aux HEC, ma génération de « baby-boomers » a foncé avec fougue et pris le contrôle de nos leviers économiques, de nos affaires et de nos finances avec confiance, autant au gouvernement qu'au sein des sociétés d'État et dans les entreprises privées. 

Le gouvernement « de Québec », comme vous le disiez, vous l'avez conseillé, compté et dirigé. Nos sociétés d'État, vous les avez créées. Vous m'autoriserez à appuyer sur la Caisse... « Vingt dieux ! Aviez-vous rêvé à ses 226 milliards de dollars » ? Merci encore et toujours au nom de Québec inc., que vous avez élevé au rang des adultes, notamment avec votre Régime d'épargne-actions. Je comprends bien que nos entrepreneurs ne vous l'ont pas souvent dit, mais pour avoir exercé mon métier avec eux, je les sais reconnaissants. Je veux que vous le sachiez, Monsieur. 

Merci de m'avoir, à votre manière, obligé aux horaires flexibles de travail. Savoir quand on débutait... sans jamais connaitre quand on finissait ! Comment vouliez-vous qu'on s'arrête, quand vous, « le patron », étiez encore aux affaires ? Garder un rythme d'enfer, fixer des objectifs, les atteindre, ce sont aussi vos enseignements. La satisfaction du travail bien fait, c'est ainsi que vous nous l'avez montré, Monsieur. 

Merci pour l'autre façon de gouverner les affaires de l'État, d'abord aux finances, où vous avez assumé le « pouvoir de signature » en rédigeant de bout en bout vos huit Discours sur le budget et, plus tard, quand vous avez tout fait pour être le « dernier premier ministre de la province ».

Vous nous avez conviés au Pays, nous sommes allés à la frontière.

Au dernier conseil des ministres de janvier 1996, vous nous avez défiés ; après les deux échecs référendaires, il nous fallait non pas nous contenter de répéter le même message ou de changer le ton, mais revoir de fond en comble les tenants et aboutissants : « Retournez chacune des pierres de l'argumentaire. Des thèmes ne seront plus utiles et de nouveaux seront à bâtir pour convaincre une société changeante. »

Merci aussi pour vos coups de gueule et de plume des vingt dernières années ; tant que ce n'est pas fait... ça reste à faire ! 

Si nous sommes qui nous sommes, si des générations de Québécoises et Québécois assument maintenant notre développement, c'est beaucoup grâce à vous, à vos idées, vos pensées, vos gestes posés et assumés, à vos réalisations. 

Être « un Parizeau », c'est tout ça. Bonne route et merci, Monsieur !

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