Trop, c'est trop

« Le PQ s'apprête à élire un chef... (Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne)

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« Le PQ s'apprête à élire un chef dont les médias crachent sur les services publics, la jeunesse étudiante et les causes environnementales », juge l'auteur.

Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne

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Gilles Dussault

Retraité, Québec

Le dernier sondage CROP indique que, malgré son rejet des mesures de «rigueur» ou «d'austérité» budgétaire du gouvernement Couillard, l'électorat québécois se refroidit par rapport au PQ.

La perspective quasi certaine qu'il sera dirigé par Pierre Karl Péladeau semble même être une cause de ce refroidissement. À ce sujet, les approches plus ou moins directes, affirmatives, voire volontaristes des autres aspirants à la direction n'ajoutent rien au fond de la question: le PQ est en crise, on lui tourne le dos, il se meurt. Pourquoi?

Parce que ce parti a rompu graduellement avec les aspirations de sa propre clientèle politique. Au lieu de travailler sans relâche à faire du Québec un pays, il a tergiversé de toutes les manières sur cet objectif fondamental, tentant même, sous René Lévesque, de faire adhérer le Québec, «dans l'honneur et l'enthousiasme», au fédéralisme canadien.

Sur le plan social, ses orientations et ses actions se sont graduellement confondues avec celles de ses adversaires fédéralistes, les services publics étant de plus en plus réduits, tarifés et présentés comme «au-dessus de nos moyens». C'est aussi René Lévesque qui a marqué la fin du «préjugé favorable aux travailleurs» de ce parti, les coups de force législatifs antisyndicaux des gouvernements péquistes s'étant multipliés à partir du début des années 80.

Aujourd'hui, le PQ est perçu comme un parti qui instrumentalise la question nationale et la justice sociale au profit d'une classe de parvenus dont le principal objectif, tout comme celui des libéraux, est de prendre le pouvoir afin de réduire ses charges fiscales, notamment en ratatinant et en tarifant les services publics.

Le PQ s'apprête à élire un chef notoirement antisyndical dont l'empire médiatique ne manque pas une occasion de cracher, notamment, sur les services publics, la jeunesse étudiante et les causes environnementales. Et il faudrait que le peuple québécois donne un sens à sa vie en accueillant le nouveau chef péquiste «dans l'honneur et l'enthousiasme» ? Trop, c'est trop. Voilà pourquoi le PQ se meurt, naturellement.

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