Notre université vandalisée

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En se taisant, étudiants, professeurs, chargés de cours et employés se font complices de ce qui se passe.

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Rémi Fuhrmann

Étudiant au baccalauréat en science politique, UQAM

Nous assistons actuellement à une escalade de la violence au sein de l'UQAM. Et celle-ci n'est pas uniquement provoquée par la police ou par la direction.

Depuis les évènements de la journée du 8 avril, j'entends beaucoup de gens dénoncer les interventions policières et la gestion de la crise par l'administration uqamienne. Il apparait clairement que l'intervention policière de mercredi ne s'est pas déroulée de la meilleure des façons, et qu'il y a manifestement eu des abus du SPVM.

Toutefois, il faudrait se demander pourquoi l'administration a demandé à la police d'intervenir, ce qui me semble être mis de côté par plusieurs.

Le premier avril, la Cour supérieure a émis une injonction interdisant toute levée de cours. Cette injonction a été violée bon nombre de fois depuis. Depuis plus d'une semaine, des groupes de personnes cagoulées circulent dans l'établissement, lèvent illégalement des cours, et ce, en toute impunité. Ces personnes masquées n'hésitent pas à recourir à l'intimidation et même à la violence physique. Que la police n'ait pas sa place dans notre université, je le conçois, mais est-ce normal que des personnes cagoulées commettent des méfaits à l'intérieur de nos murs, au nom du mouvement étudiant?

Le terme «climat de peur» est beaucoup utilisé en parlant de la répression politique et policière à l'UQAM. Toutefois, sans forcément nier l'existence de ces répressions, j'utiliserai ce terme pour décrire le climat qu'instaurent ces groupes masqués.

Que l'on soit d'accord ou non avec les revendications, l'occupation pacifique du pavillon DeSève, mercredi, me semblait être une action de revendication responsable. D'ailleurs, la majorité des personnes présentes dans le pavillon dansaient, buvaient une bière entre amis, le tout dans une bonne ambiance.

Toutefois, une minorité de personnes présentes, cagoulées, ont littéralement saccagé le pavillon. J'ai assisté à des scènes désolantes: des gens cassaient à coup de marteau des caméras, des distributrices de boissons, des salles de cours. Comment se sentir en sécurité quand circulent dans les couloirs de son université des personnes masquées, marteau à la main?

La plupart des étudiants ont occupé les lieux pacifiquement. Mais leur université a été vandalisée sous leurs yeux, et je n'ai pas constaté de réelle protestation. Devant une telle destruction de notre lieu d'apprentissage, il aurait fallu se désolidariser de ces gestes et quitter en masse les lieux, ce qui n'a malheureusement pas été fait.

Il est nécessaire de remettre en question la gestion de cette crise par l'administration de l'UQAM et les interventions policières. Toutefois il faut savoir également pointer du doigt l'intimidation et condamner fermement le vandalisme et la circulation de personnes masquées au sein de l'université.

Il faut être capable de balayer devant la porte du mouvement étudiant, car de nombreuses personnes masquées, pas nécessairement les casseurs du 8 avril, prétendent agir au nom de ce mouvement. Les provocations vont dans les deux sens. Il est normal que l'on montre du doigt celles de la police, mais scander «un bon flic est au cimetière!» ne me semble pas être une attitude contribuant à assainir le climat.

Un retour au calme de tous les bords est nécessaire, le mouvement étudiant n'échappe pas à cela et doit admettre qu'une partie du mouvement, si infime soit-elle, participe également à cette escalade de la violence.

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