La cohue totale

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«On dénonce les politiques injustes du gouvernement, mais on est incapables d'exercer la démocratie dans notre propre cégep?», s'étonne l'auteure.

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Josiane Leduc

Étudiante au Cégep du Vieux Montréal

Laissez-moi vous décrire ce qui s'est passé avant-hier lors de l'assemblée générale appelée à se prononcer sur la poursuite de la grève au Cégep du Vieux Montréal.

Les étudiants, assis sur le sol, certains couchés, attendent, attendent et attendent jusqu'au moment où ils pourront finalement voter. Plénière interminable, modalités de grève, ça ne finit plus. Après plus de six heures à être assise patiemment pour voter et exercer mon droit démocratique, j'ai levé mon carton bien haut pour être certaine que l'on n'oublie pas de compter mon vote. Eh oui! En 2015, avec plus de 1300 étudiants dans le gymnase, et 700 autres dans d'autres locaux, on procède encore par vote à main levée.

Un premier vote est tenu: les étudiants ont voté en faveur de l'arrêt la grève. Soulagement, je peux respirer! Oui, je désire que la grève prenne fin. Qu'on me traite d'individualiste, d'égoïste ou d'autres bêtises, j'ai droit à l'éducation pour laquelle j'ai payé.

J'ai aussi le droit de trouver absurde de faire la grève contre «l'austérité». Ça vous choque? Ce qui devrait vous choquer, c'est le nombre d'étudiants qui votent pour la grève sans savoir ce qu'ils contestent. Je ne suis pas toujours d'accord avec les décisions du gouvernement et je suis peinée de voir que l'on coupe encore dans les services sociaux plutôt qu'ailleurs. Mais une grève? En quoi est-ce que cela aiderait?

Après le vote, je me suis levée pour me dégourdir les jambes. Quelle ne fût pas ma surprise lorsque l'on demanda un nouveau vote! Au recomptage, les votes contre l'emportent à nouveau. Les étudiants commencent à quitter les salles, avec raison, après autant d'attente. On pense que c'est terminé. Mais attention, on a exigé un troisième vote, uniquement pour le gymnase, sous prétexte que certains étudiants auraient voté deux fois. C'est la cohue totale. Les gens se lèvent, crient, se fâchent. Des étudiants entrent et sortent. Après tout ce brouhaha, le président de l'assemblée tranche et exige un recomptage complet, dans toutes les salles.

À la grande joie des étudiants grévistes, la tactique a fonctionné: ce vote est favorable à la grève. Je suis encore sous le choc de tout ce qui s'est passé. On dénonce les politiques injustes du gouvernement, mais on est incapables d'exercer la démocratie dans notre propre cégep? Découragée et outrée, je suis partie en me promettant de dénoncer les injustices que je venais de vivre.

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