Aucune démocratie n'est parfaite

Au début de la session d'hiver, on m'a élu président de mon association... (Photo Martin Chamberland, archives La Presse)

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Laurent Collard

Président de l'Association étudiante de psychologie et sociologie de l'Université de Montréal (AÉPSUM)

Au début de la session d'hiver, on m'a élu président de mon association étudiante. Je voulais représenter les étudiants et étudiantes au meilleur de mes capacités. Ces derniers temps, plusieurs écrivent des propos méprisants envers les représentants d'association étudiante. Par ce texte, j'espère briser l'image qui existe à propos de ceux-ci.

Avant toute chose, être représentant d'une association étudiante est une tâche difficile: aucun salaire, peu de reconnaissances et beaucoup de temps à investir. S'ajoutent à cela d'autres responsabilités plus personnelles. Par exemple, l'étude et la performance académique pour conserver de bonnes notes, en plus de travailler à l'extérieur de l'école pour vivre convenablement pendant nos études.

À titre personnel, la légitimité des votes de grève me préoccupe énormément. Pour moi, il y a, entre autres, deux règles importantes dans une bonne démocratie: un respect de l'opposition et la participation active. Ce faisant, tout est mis en oeuvre pour que tous et toutes puissent énoncer leurs points de vue. Je l'admets, certains étudiants se montrent irrespectueux envers leurs collègues qui s'opposent à leurs idées. Par conséquent, nous leur rappelons souvent que ceux-ci doivent débattre d'idées sans mépriser ceux qui les contredisent (d'ailleurs, certains chroniqueurs devraient méditer là-dessus).

Aussi, nous n'avons pas toujours le taux de participation que nous voudrions, mais nous faisons des efforts constants pour aller dans les classes, envoyer des courriels et être actifs dans les réseaux sociaux pour atteindre le plus de gens possible.

Ces efforts sont importants. Effectivement, tous et toutes ont des opinions et des questionnements très souvent légitimes. Pour respecter cela, nous nous adaptons à ces demandes. Par exemple, nous nous faisons un devoir de préparer des votes secrets pour les questions importantes comme un vote de grève. Autre exemple, nous sommes au fait que plusieurs étudiants sont nerveux de parler devant une assemblée. Sachant cela, nous prenons en compte leurs arguments et nous mettons tout en oeuvre pour conserver un environnement sain pour un débat d'idées.

Très souvent, je m'interroge à propos de ces critiques envers la démocratie étudiante. D'abord, notre démocratie n'est pas parfaite, mais c'est le problème fondamental de cette forme de pouvoir tournée vers la participation de tous. Ceci étant dit, nous cherchons toujours à l'améliorer. Ensuite, je crois que nous pourrions transposer le débat de légitimité à nos gouvernements: est-ce normal qu'un gouvernement ait tous les pouvoirs avec 41% de taux de popularité, considérant un taux d'environ 70% de participation? Ce faisant, à peine 30% de la population voulait voir le PLQ l'emporter en avril dernier.

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