Formons plus de médecins

S'il est vrai qu'il y a encore trop d'individus sans médecin de famille, que la... (Photo Thinkstock)

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Simon Hamel

Représentant pharmaceutique

S'il est vrai qu'il y a encore trop d'individus sans médecin de famille, que la tendance des heures travaillées des médecins généralistes est à la baisse et qu'il y a plus d'omnipraticiennes au Québec qu'ailleurs, alors pourquoi ne pas simplement former plus de médecins de famille? Et pourquoi ne pas faciliter la «mise à niveau» et la certification des médecins immigrants qui peinent à le faire après s'être installés au Québec, faute de structures ou de programmes adéquats? Et pourquoi ne pas enfin maximiser le rôle des pharmaciens et des infirmières cliniciennes?

Il serait aussi fort intéressant d'introduire en médecine de première ligne le principe de l'offre et de la demande. En contingentant autant l'accès aux programmes de médecine dans les universités, on entretient ainsi une fausse pénurie en raréfiant l'offre. En réalité, la matière brute (les étudiants intéressés par la médecine) est plus qu'abondante.

Le principe de l'offre et de la demande s'applique pourtant avec succès aux autres professions de la santé et force est d'admettre que l'accès, le service à la clientèle et «l'expérience client» sont beaucoup plus agréables chez le dentiste, le pharmacien, le physiothérapeute et l'orthophoniste qu'aux cabinets privés de la grande majorité des médecins généralistes. Quand nous sommes-nous souciés du nombre d'heures travaillées par les dentistes et les pharmaciens?

Comme ils n'ont pas à concourir pour obtenir une clientèle - contrairement aux autres professionnels de la santé -, plusieurs médecins généralistes voient leur clientèle acquise et captive et tendent à oublier certains principes fondamentaux en matière de service à la clientèle (cliniques vétustes et malpropres, difficulté à prendre un rendez-vous, suivi téléphonique minimaliste, accueil froid et impersonnel, disponibilité limitée, etc.).

Je suis d'avis que si nos ministres de la Santé avaient réellement voulu améliorer de façon significative l'accès de la population aux services de première ligne plutôt que leurs propres conditions de travail, ils auraient depuis longtemps conclu une entente avec les pharmaciens, le nombre d'infirmières cliniciennes ne serait pas anecdotique et les mesures incitatives tentées, mais non concluantes, auraient été abolies (GMF, primes pour la prise en charge de nouveaux patients, etc.). Mais ce n'est pas le cas.

Mettons fin, une fois pour toutes, au problème en maximisant les sources possibles de soins de première ligne (pharmaciens et infirmières cliniciennes). De plus, introduisons davantage de généralistes sur le marché (plus d'étudiants en médecine et certification des médecins étrangers facilitée). La population sera mieux servie, et les généralistes pourront travailler le nombre d'heures qui leur convient sans nuire à quiconque.

Est-ce vraiment compliqué? Ou est-ce plutôt que les ministres aiment rendre le tout compliqué par pur corporatisme, du fait qu'ils sont eux-mêmes médecins (Drs Barrette, Hébert, Bolduc, Couillard)? Les solutions sont connues et concluantes dans d'autres professions. Qu'attendons-nous pour agir et enfin régler ce faux problème entretenu de toutes pièces?

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