Il y a toujours un «boss»

L'auteur réagit au texte «La portée des démissions au CHUM», publié... (Photo Jacques Boissinot, archives La Presse Canadienne)

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Normand Badeau

Retraité, ex-membre du conseil d'administration de l'Institut Philippe Pinel et ex-vice-président du conseil d'administration du Collège de Rosemont

L'auteur réagit au texte «La portée des démissions au CHUM», publié hier.

Il est très difficile pour un simple citoyen comme moi de commenter les opinions de gens aussi brillants et influents que sont le Dr Jacques Turgeon, chercheur de réputation internationale et gestionnaire avisé, M. Jean-Claude Deschênes, grand mandarin en matière de gouvernance, et M. Michel Gervais, président de l'AQESSS et membre démissionnaire du C.A. du CHUM.

Je peux très bien comprendre que ces personnes puissent remettre leur démission parce qu'elles n'adhèrent pas à la vision du Dr Barrette. Par contre, j'éprouve beaucoup de difficultés à comprendre et à justifier ces démissions qui se font avec autant de fracas et autant d'éclats médiatiques.

Ces gens dont on reconnaît la grande valeur intellectuelle et les connaissances administratives devraient pourtant savoir et reconnaître que, quel que soit le domaine d'activités dans lequel on travaille, il y a toujours un «boss», comme dit le Dr Barrette. Et on travaille pour le «boss», c'est-à-dire sa vision, et on tente de polir sa façon de l'implanter ou on s'en va travailler ailleurs paisiblement.

Or, le Dr Barrette a lui aussi un «boss», le Dr Philippe Couillard, ancien ministre de la Santé, dont les résultats comme ministre n'ont pas été des plus flamboyants. Ce dernier a également un «boss», des gens comme moi, petits citoyens qui en ont marre de voir le système de santé ne pas démontrer les résultats escomptés, ministre après ministre, après ministre.

Conséquemment, les Drs Barrette et Couillard doivent à tout prix implanter leur vision. Et, pour ce faire, ils doivent nommer à la tête des C.A., partout où il est nécessaire, des gens aussi compétents que les démissionnaires - et il y en a - qui vont épouser la vision du gouvernement. D'où l'importance de la loi 10, qui confère justement tous ces pouvoirs au Dr Barrette, qui est fermement appuyé par son premier ministre.

Est-ce que cela fera mal? Oui. Est-ce qu'il y aura quelques dommages collatéraux? Oui. Y a-t-il danger d'abus? Oui. Il faudra être vigilant. Mais, à la fin, il faudra espérer que leur réforme aura du succès. Sinon, nous aurons assisté au énième échec de la réforme de la santé. Et, encore une fois, le corporatisme médical, la guerre des docteurs, ne sera qu'à blâmer...

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