J'ai mal à mon nu!

L'auteur croit que les événements qui ont eu... (Photo Yan Doublet, Le Soleil)

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L'auteur croit que les événements qui ont eu lieu à l'École secondaire de Neufchâtel ont été gonflés hors de proportion.

Photo Yan Doublet, Le Soleil

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Richard Hamel

Québec

Depuis quelques jours, on assiste au carnaval de la démagogie. Une ado aurait eu son orgueil mis à nue. Jusqu'à la digne Assemblée nationale qui s'en mêle. Manifestation nocturne de canettes de peinture pour donner la parole à des attardés incapables d'émettre une opinion sans endommager le bien public. Naturellement, la blogosphère se devait d'être de la partie pour permettre à tous ces illettrés de mettre leur grain de sel par une éructation bien sonnée.

Mais d'où est venu cet emballement pour cette mise à nue digne de Lietteville?

Comme c'est souvent le cas, de valeureux journalistes ont su flairer le drame incroyable qui se tramait sous les couvertures. Interview au domicile des opprimés, voilà, le char d'assaut de la vérité véritable, indubitable, venait de se mettre en marche. Rien ne pouvait l'arrêter. La journaliste, preuve à l'appui puisqu'elle venait d'interviewer tous les témoins, se lance à la conquête du prix Pulitzer.

Les filles de Lietteville sont aux aguets. Ne seraient-elles plus les seules à se dévêtir entièrement devant le personnel de l'établissement, à se faire taponner les parties sans ménagement? Bien non! Ce serait coutume dans les établissements scolaires du Québec de permettre au personnel dévoué de se rincer l'oeil de temps en temps. C'est prouvé, la journaliste l'a dit. Et ce que dit une journaliste, surtout employée d'une station ou la rigueur, rigueur, rigueur est de mise, eh bien, il n'y a aucun doute. Le scandale venait enfin d'éclater. Et la lumière fut!

Il n'en fallait pas plus pour que les grandes radios de la capitale s'emparent de l'affaire. Il en allait de la sécurité nationale, rien de moins!

Des animateurs chevronnés allaient y mettre le paquet. Surtout ceux à l'haleine fétide, spécialiste en analyse de tout genre, qui fouillent minutieusement le sujet comme les rats le dépotoir. Faut absolument abreuver cet auditoire qui en redemande, faute de voir les revenus commerciaux diminuer. Qu'importe la vérité, faut que la bave coule.

Bien entendu, dans de tels cas, pour compléter le décor, il ne manquait que le rapace, perché sur son barreau... prêt à fondre sur la liasse de billets verts qui n'attendait qu'à être ramassée.

Voilà comment une simple fouille des vêtements d'une ado cachée des regards du personnel par une couverture opaque a pu faire le tour de la planète.

Ah! vérité journalistique, quand tu nous tiens...

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