Nous ne sommes pas tous Charlie

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Le chef du Parti conservateur du Québec, Adrien Pouliot.

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Adrien Pouliot

Chef du Parti conservateur du Québec

Le drame horrible de Paris a suscité une vague mondiale d'appuis à Charlie Hebdo et d'opposition aux actes barbares attaquant nos valeurs démocratiques occidentales. Plusieurs ont manifesté cette solidarité en professant publiquement «que nous sommes tous Charlie».

Si nous voulons tous être Charlie, nous devrons faire plus que d'émettre en ligne, confortablement assis devant nos ordinateurs, des sympathies envers des gens que nous n'avons pour la plupart pas connus. Nous devrons faire comme Cabu, Charb et Tignous et nous élever, chacun à notre façon, contre ceux qui tuent les «infidèles» et battent leurs femmes si elles leur désobéissent.

Déjà, des comédiens et des intellectuels qui sont se proclamés Charlie se montrent réticents à critiquer l'islam. Les médias ne sont pas de reste. Combien de journaux ont refusé de publier la série de caricatures de Mohamet publiées par le journal danois Jyllands-Posten en 2005, de crainte de se faire reprocher qu'ils manquent de «sensibilité» envers les communautés culturelles? Faut-il rappeler que Jacques Chirac, ancien président français, Bill Clinton, ancien président des États-Unis, et Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, ont alors déclaré que les journaux ayant contribué à diffuser les caricatures avaient fait un usage abusif de la liberté de parole et ont fait appel à plus de «responsabilité et de respect envers les sentiments religieux» ?

Et nous, au Québec, sommes-nous Charlie quand nous acceptons sans broncher que la Commission des droits de la personne du Québec veuille censurer ceux de nos citoyens qui critiquent une facette ou l'autre de l'islam? Que faisons-nous comme Québécois pour être Charlie pendant que le chef de police du SPVM crie au manque de ressources pour traiter la centaine de dossiers ouverts depuis les événements de Saint-Jean-sur-Richelieu et qui sont en lien plus ou moins direct avec la lutte contre le terrorisme?

Sommes-nous Charlie quand nous tolérons sans rouspéter que le nouveau chef du Service canadien sur le renseignement de sécurité abandonne la pratique d'enquêter sur les institutions musulmanes et les mosquées qui abritent des imams reconnus pour leur discours radicalisant et n'ose même plus utiliser quelque terme que ce soit qui réfère à l'islam pour décrire la menace terroriste?

Pouvons-nous, comme Québécois, nous réclamer d'être Charlie quand le gouvernement de Pauline Marois a octroyé une subvention de 37 329$ en septembre 2013 au Bureau associatif pour la diversité et la réinsertion? Cet organisme est lié au Collectif 1ndépendance (regroupant de jeunes musulmans montréalais) qui a invité des prédicateurs islamistes européens radicaux à Montréal.

La liberté d'expression demeure la pierre d'assise de notre démocratie occidentale. C'est George Orwell qui a dit que « [si] la liberté signifie quoi que ce soit, elle signifie le droit de dire à des gens ce qu'ils ne veulent pas entendre». Le sang versé par les artisans de Charlie Hebdo ne doit pas l'avoir été en vain. Il doit nous inspirer à ne pas avoir peur d'abandonner la langue de bois et de critiquer de façon virulente, mais aussi de poser des gestes pacifiques pour ne pas appuyer à tout le moins, ni encourager ou financer les porteurs de ces croyances maléfiques d'accomplir leurs sombres desseins chez nous comme ailleurs.

La philosophe Élisabeth Badinter a dit hier que Charlie Hebdo a résisté presque seul contre tous. Espérons que cette tragédie nous motivera tous à devenir vraiment Charlie.

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