Non à l'appauvrissement du Québec

L'auteur estime que les décisions du gouvernement entraîneront... (Photo Mathieu Waddell, archives La Presse)

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L'auteur estime que les décisions du gouvernement entraîneront de nombreux départs à la retraite parmi les syndiqués de l'État qui seraient victimes d'une « charge à fond de train contre la classe moyenne ».

Photo Mathieu Waddell, archives La Presse

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Marc Ranger

Porte-parole de la Coalition syndicale pour la libre négociation

Les décisions prises par le gouvernement Couillard au cours des derniers mois constituent une attaque en règle contre la classe moyenne et nous conduisent vers un effritement de nos programmes sociaux. Sous le couvert d'une rigueur budgétaire devenue idéologique, on nous dirige tout droit vers un appauvrissement collectif dont seule la classe moyenne fait les frais.

Ces décisions irresponsables nous conduisent inéluctablement vers une récession. Que ce soit par l'adoption de lois injustes, telle la loi 3 sur la restructuration des régimes de retraite, qui impose des réductions rétroactives de droits ; par la hausse des tarifs de garde, d'électricité, de la taxe sur l'essence ; par le dépôt d'offres méprisantes aux quelques centaines de milliers d'employés de l'État, ce gouvernement mène une charge à fond de train contre la classe moyenne qui est, en bonne partie et n'en déplaise à ces comptables et médecins de l'État qui nous gouvernent, syndiquée.

On nous parle de la nécessité de protéger le contribuable qui en a assez de payer. Or, les quelque 40 % de travailleuses et travailleurs syndiqués du Québec ne sont pas des extraterrestres venus d'ailleurs, mais ces mêmes contribuables sans échappatoires fiscaux qui paient toutes leurs taxes et plus que leur juste part d'impôts.

Honte à ce gouvernement d'alimenter cette hargne, ce mépris envers la classe syndicale comme si nous étions des gras dur et des privilégiés de la société, alors que nous défendons un plus juste partage de la richesse et des conditions de vie décentes, non seulement pour nos membres, mais pour l'ensemble de la société québécoise en prônant des valeurs d'équité intergénérationnelle.

On tente de faire croire au bon peuple que nous ne voulons pas faire notre juste part, de cultiver le syndrome du « pas dans ma cour ». Rien n'est plus faux.

Depuis longtemps déjà, que ce soit dans le secteur privé, lorsque la survie d'une entreprise est en cause ou qu'il faut s'ajuster à un marché fortement concurrentiel, ou dans les services publics, les syndiqués ont su s'adapter et faire les compromis nécessaires. C'est aussi le cas de toutes les ententes qui ont précédé l'adoption du projet de loi 3 et qui permettaient de réduire les coûts des régimes de retraite. Faire sa juste part... parlez-en aux employés des secteurs de la santé et de l'éducation qui ont subi, depuis 30 ans, décret par-dessus décret et qui ont accumulé un grand retard sur le maintien de leur pouvoir d'achat.

Les décisions irresponsables de ce gouvernement entraîneront ce qu'eux-mêmes reprochaient au Parti québécois, soit des milliers de départs précipités à la retraite. Mais peu leur importe, puisqu'ils veulent abolir ces postes et livrer les services publics à leurs amis du privé. Après tout, une bonne guerre contre ces « méchants syndiqués » fera oublier la collusion, la corruption et qu'une partie de l'argent « sale » servait à financer certains partis politiques, dont le Parti libéral.

Je dis non au nivellement vers le bas. Non à l'appauvrissement du Québec. Je suis fier de faire partie du mouvement syndical, un mouvement qui s'unira comme jamais en 2015. Que le gouvernement se le tienne pour dit. Lors de la dernière campagne électorale, les Québécois n'ont pas donné le mandat à ces comptables, médecins et avocats d'appauvrir le Québec. La bataille ne fait que commencer.

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