La justice au temps de M. Harper

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper... (PHOTO CHRIS WATTIE, REUTERS)

Agrandir

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper

PHOTO CHRIS WATTIE, REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Julien Brunelle-Désilets

Étudiant en droit à l'Université d'Ottawa

La nouvelle m'a frappé. Admissible à la libération conditionnelle après 75 ans de prison, au Canada... j'attendais ce premier jugement depuis 2011, date à laquelle le Code criminel a été amendé. Le premier jugement de plusieurs, qui témoigneront clairement de l'impact que neuf ans de gouvernement Harper auront sur le futur de notre pays. En envoyant Justin Bourque en prison pour, au minimum, les 75 prochaines années, le Juge David Smith a rendu impossible sa réhabilitation et n'a pas servi la justice qu'il devait protéger.

Nonobstant les tirades populistes et franchement inquiétantes du sénateur Boisvenu, notre système fonctionne. Les taux de récidives pour les délinquants qui sont passés par le système correctionnel fédéral sont faibles pour tous les types de délits, mais presque inexistants pour ceux ayant été condamnés pour un meurtre.

Nos pénitenciers fédéraux à sécurité minimale sont remplis d'histoires à succès, d'hommes et de femmes qui, après avoir commis des crimes atroces il y a de très nombreuses années, ont réellement changé. Ces individus passent souvent leur journée à l'extérieur des murs de leur établissement correctionnel, font du bénévolat, travaillent et puis retournent en prison le soir, en attendant leur admissibilité à la libération conditionnelle. Ces gens sont devenus d'honnêtes citoyens et fourniront un apport positif et appréciable à nos communautés lorsque cette liberté leur sera octroyée.

Il importe aussi de rappeler que le seuil des 25 ans ne régit que la date d'admissibilité à ladite libération conditionnelle.

Dans les rares cas où la Commission des libérations conditionnelles canadienne considère toujours les individus comme étant dangereux pour le public, ces derniers seront maintenus derrière les barreaux pour le restant de leur vie, si nécessaire.

En condamnant Justin Bourque à un minimum de 75 ans de prison, notre système de justice a rendu sa réhabilitation pratiquement impossible. Rien ne motivera le tueur à se prendre en main, à accepter l'aide du personnel, à participer aux nombreux programmes qui lui seront proposés, à faire une croix sur son passé et à se réhabiliter, puisque dans tous les cas il ne sortira plus jamais de prison.

Stephen Harper, fidèle à son habitude, nous a fait régresser, à cause des modifications apportées au Code criminel, en permettant et en suggérant à nos juges d'imposer la peine la plus lourde depuis l'abolition de la peine de mort en 1962. Mis à part assouvir le désir de vengeance de certains, ce verdict ne servira jamais la société canadienne et n'apaisera en rien la souffrance des victimes.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer