À quoi pense le gouvernement?

En mettant fin au tarif unique dans les... (Photo Martin Tremblay, archives La Presse)

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En mettant fin au tarif unique dans les CPE, le gouvernement fait fausse route, soutient l'auteur.

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Daniel Baril

Directeur général de CPE et parent utilisateur des services de garde

Ainsi, le gouvernement Couillard s'attaque à l'un des plus beaux joyaux du Québec en mettant un terme au tarif unique des CPE. La question à poser est: «À quoi pense-t-il?».

En haussant les tarifs de garde au niveau mentionné dans les médias hier, le gouvernement Couillard croit-il réellement faire des économies? En réalité, il n'en fera que très peu. Il fera par contre un transfert de dépenses du ministère de la Famille vers une baisse de revenus de Revenu Québec, une hausse de dépenses de Revenu Québec et une hausse de dépenses du ministère de la Solidarité sociale.

La famille de la classe moyenne touchant un revenu familial de 100 000$ - ce qui est ni plus ni moins que deux revenus annuels de 50 000$ - et qui a deux enfants, verra ses frais de garde augmentés de 2600$ par année. Ces gens n'ont pas cette somme dans leurs poches. Ils devront faire des choix.

Ces choix se traduiront par une diminution de dépenses dans d'autres secteurs comme les sports, les loisirs, les voyages, les télécommunications, etc. Ces diminutions de dépenses des familles entraîneront trois impacts immédiats chez Revenu Québec, soit une baisse de revenus liés à la taxe de vente, une baisse des revenus et des profits de ces entreprises, donc une baisse d'impôts venant de celles-ci, et cette baisse de revenu entraînera invariablement des mises à pied, donc des gens qui non seulement vont payer moins d'impôts et moins de taxes de vente, et qui, pour certains d'entre eux, se placeront sous la protection de l'aide sociale.

Dans le scénario évoqué, les deux membres du couple gagnent 50 000$. Qu'arrivera-t-il si le scénario est de 70 000$/30 000$ ou 80 000$/20 000$? Des gens quitteront leur emploi et se priveront d'une plus grande part de revenu pour gagner en qualité de vie.

Ces facteurs additionnés diminueront d'autant le produit intérieur brut du Québec, qui est un des principaux indicateurs du niveau économique. Cet indicateur sert aussi à établir la cote de crédit du Québec.

Ces entreprises de cotation ont été claires. Sans mesures drastiques, la cote sera abaissée et le taux d'intérêt sur la dette du Québec augmenté. Une mesure qui ferait baisser le produit intérieur brut pourrait donc mener à une décote qui, elle, augmenterait les frais d'intérêts sur la dette.

Donc, je réitère mon point de départ, sachant tout cela, à quoi pense le gouvernement Couillard?

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