Une occasion d'affaires

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L'auteur estime que les Canadiens rateraient une occasion d'affaires en ne sondant pas le marché pour une privatisation éventuelle de Postes Canada.

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Daniel Paillé

Ancien chef du Bloc québécois, l'auteur a, au cours de sa carrière d'affaires, dirigé la privatisation de plus d'une vingtaine de sociétés d'État pour le compte du gouvernement du Québec.

La nature a horreur du vide. Lorsqu'une entreprise se retire d'un marché, une autre vient le combler, car le vide, c'est un marché.

Une clientèle satisfaite en demande plus, l'offre augmente et généralement la rentabilité suit. «Plus on en mange, plus elles sont fraiches», c'est connu. Qu'en est-il de Postes Canada?

La société d'État affirme depuis longtemps que la distribution du courrier à domicile n'est pas rentable et qu'ainsi, elle abandonne progressivement le service; le chien aurait la rage, donc on le tue.

La distribution du courrier, c'est un produit. Ceux qui envoient et ceux qui reçoivent, ce sont des clients. Le principe de base d'une entreprise est d'offrir un bien ou un service à des consommateurs moyennant un prix et un savoir-faire. Mais quand le produit se détériore, le client déserte et cela entraine des pertes de plus en plus lourdes. À moins d'un sérieux plan de redressement, c'est la valeur même de la firme qui est affectée.

C'est ce qui arrive à Postes Canada, une compagnie dont nous sommes tous les actionnaires. Postes Canada, c'est nous. Combien perdons-nous quand, sans broncher, on assiste à cette décadence financière? Jusqu'où faut-il aller?

Le nouveau produit, c'est-à-dire les boîtes postales communautaires, ne satisfait pas la clientèle. Le plan d'affaires ne marche pas. Alors, quoi faire? Devant cette situation, toute entreprise tente de minimiser les pertes et il est reconnu qu'en la matière, l'entêtement ne réussit jamais; le client a toujours raison. Un scénario souvent utilisé est de se libérer en vendant sa position de marché pendant qu'elle a une certaine valeur.

«Libérer un marché» n'est pas synonyme de «donner le marché».

Des entrepreneurs privés s'intéressent à la distribution porte-à-porte du courrier et se préparent à remplacer Postes Canada. Ils veulent «prendre le marché», parce qu'il y a de l'argent à faire. Alors, à titre de propriétaires de Postes Canada, sommes-nous en train de rater une occasion d'affaires?

Une décision urgente est à prendre afin de ne pas laisser aller un marché gratuitement au secteur privé. Sa vente peut être faite avec des conditions négociables (régions, employés, etc.). Il n'est pas question de brader le tout, mais à la fin, maximisons la valeur de notre actif pour nous, propriétaires.

Des cyniques diront que cela ne vaut plus rien. Faux!

Si, au Québec, à la fin des années 80, des pertes accumulées d'une société d'État, transformée en pertes fiscales, ont été privatisées, c'est que tout est négociable et vendable. Il faut y mettre les efforts et l'imagination.

La privatisation de Postes Canada, c'est une question de business.

L'alternative est belle; le privé est déjà là et les employés, leurs syndicats, leurs fonds s'organiseraient, pour être eux aussi, au poste.

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