Pas seulement des bélugas!

Colonie d'oiseaux marins sur les îles du Pot... (PHOTO FRANÇOIS GRAVEL, collaboration spéciale)

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Colonie d'oiseaux marins sur les îles du Pot à l'Eau-de-Vie, situées à 13 km de l'emplacement prévu du terminal pétrolier de TransCanada au port de Gros-Cacouna.

PHOTO FRANÇOIS GRAVEL, collaboration spéciale

JEAN-FRANÇOIS GIROUX

Professeur au Département des sciences biologiques de l'UQAM et secrétaire de la Société Duvetnor 

Le projet de construction d'un terminal pétrolier à Gros-Cacouna et les travaux de carottage effectués par TransCanada dans le cadre de son projet Oléoduc Énergie Est soulèvent bien des critiques de la part des citoyens et des groupes environnementaux. Plusieurs intervenants ont souligné l'impact de ce projet sur les bélugas du Saint-Laurent et l'importance de les protéger , mais il n'y a pas que des bélugas dans la région de Cacouna.

Les îles au large de Cacouna abritent de nombreuses colonies de plusieurs espèces d'oiseaux marins. Des milliers d'eiders à duvet, petits pingouins, guillemots à miroir, guillemots marmettes, mouettes tridactyles, goélands marins et argentés, cormorans à aigrettes, grands hérons et bihoreaux gris nichent sur ces îles et s'alimentent dans les eaux avoisinantes. En migration, d'importantes concentrations de canards noirs et de macreuses à front blanc séjournent dans la région. 

Depuis longtemps, les gouvernements ont reconnu l'importance de ce milieu pour les oiseaux en créant une série d'aires protégées situées à moins de 15 kilomètres de l'emplacement prévu du terminal. 

Des pétroliers naviguent déjà sur le Saint-Laurent par la voie navigable du chenal nord du fleuve. Par contre, ils devront emprunter le chenal sud pour atteindre le port de Gros-Cacouna et passer entre l'Île Verte et les récifs de l'Île Blanche où les courants, les marées et les glaces accentuent les risques d'accidents. Malgré les technologies de navigation les plus avancées et des pétroliers à double coque, le transport maritime n'est pas à l'abri d'accidents qui sont souvent causés par des erreurs humaines. Les conséquences désastreuses d'un déversement sur la faune et la flore persistent souvent pendant des décennies.

Tout comme pour les baleines, l'abondance et la diversité des populations d'oiseaux dans les îles du Bas-Saint-Laurent génèrent des retombées économiques locales importantes. Une marée noire occasionnée par un déversement de pétrole réduirait à néant toute l'industrie écotouristique. 

La protection des oiseaux migrateurs et la gestion des réserves nationales de faune sont sous la responsabilité d'Environnement Canada. Il est essentiel que les spécialistes de ce ministère partagent leurs connaissances sur les populations d'oiseaux qui se retrouvent dans cette région et qu'ils donnent leur avis sur l'impact à court, moyen et long termes du projet de terminal pétrolier. 

Les projets de transport du pétrole de l'Alberta par oléoduc (Énergie Est de TransCanada) ou par trains (Chaleur Terminals) vers des raffineries et des terminaux maritimes dans l'Est du pays doivent être évalués dans leur ensemble en tenant compte des enjeux environnementaux auxquels fait face notre planète. Par contre, il est clair que l'implantation d'un terminal pétrolier au port de Gros-Cacouna va totalement à l'encontre du maintien de l'intégrité écologique des îles du Bas-Saint-Laurent. Pour cette raison, le projet de TransCanada doit être arrêté maintenant.




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