Un avantage pour le Québec

L'industrie éolienne a généré plus de 5000 emplois,... (Photo Bernard Brault, archives La Presse)

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L'industrie éolienne a généré plus de 5000 emplois, dont une grande partie dans l'est du Québec, souligne l'auteur.

Photo Bernard Brault, archives La Presse

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Pierre Arcand

Ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles

L'auteur répond à une série d'articles sur les surplus d'électricité publiés la semaine dernière sous la signature de Francis Vailles.

Les questions énergétiques soulevées ces dernières semaines sont légitimes et font écho à certaines interrogations formulées par des citoyens. Je profite de cette occasion pour apporter quelques nuances et clarifier les orientations du gouvernement à l'égard de la filière énergétique, particulièrement dans le contexte où nous travaillons activement à la future politique énergétique du Québec.

Pour certains, les surplus peuvent représenter un coût que les Québécois n'ont pas à assumer. Pour notre gouvernement, et dans la mesure où ils sont limités, ces surplus d'électricité nous permettent entre autres d'attirer chez nous des industries grandes consommatrices d'énergie. Il suffirait qu'une nouvelle aluminerie ou un centre de données s'implante au Québec pour que les surplus totaux d'électricité soient entièrement consommés.

Je me permets de préciser que les surplus actuels d'électricité proviennent surtout d'une révision à la baisse de la demande industrielle québécoise. Nous comptons donc travailler à utiliser ces surplus pour relancer l'activité industrielle au Québec, notamment par le déploiement du Plan Nord, ainsi que pour bâtir l'économie du futur en appuyant de nouvelles filières.

Les petites centrales

Comme vous le savez, notre gouvernement fait de l'économie sa priorité. Le développement par les communautés locales et autochtones du potentiel énergétique au moyen des petites centrales hydroélectriques représente une opportunité de prendre en charge leur développement par la mise en valeur des ressources naturelles. Outre le fait que les petites centrales représentent moins de 1 % de la production d'électricité, elles entraînent des retombées économiques importantes par les investissements générés et les emplois créés en région.

La filière éolienne 

Depuis 2002, à un moment où le Québec avait un déficit anticipé d'énergie, l'achat d'énergie éolienne par Hydro-Québec a permis le développement de cette filière industrielle créatrice de richesse et d'emplois dans des régions du Québec qui en ont besoin.

Depuis l'essor de cette industrie au Québec, plus de 120 entreprises y ont vu le jour. Ensemble, elles génèrent plus de 5000 emplois - dont plus de 1200 uniquement dans l'Est-du-Québec. Une analyse approfondie a démontré que cette industrie a engendré, en 2012, d'importantes retombées économiques estimées à plus de 2,37 milliards de dollars.

Cette filière génère également des bénéfices extrêmement importants pour toutes les régions du Québec. D'ailleurs, grâce aux innovations technologiques réalisées par cette industrie, des entreprises comme la mine Raglan du Groupe Glencore au Nunavik pourront utiliser l'énergie éolienne comme solution à l'utilisation du diesel. Nous devons faire valoir notre expertise pour favoriser davantage les exportations.

Conscients des impacts de cette filière dans le contexte actuel, nous avons annoncé la mise en place d'un groupe de travail qui nous permettra de réfléchir à la meilleure façon d'accompagner l'industrie manufacturière éolienne dans son développement futur, que ce soit par une diversification de ses marchés d'exportation ou de ses produits. Le groupe de travail abordera aussi l'aspect de la réduction des coûts de la production éolienne au Québec.

En conclusion, j'aimerais vous rappeler que nous nous doterons d'une politique énergétique reflétant notre vision sur les différentes filières énergétiques au Québec tout en demeurant préoccupés par les hausses tarifaires récentes et celles qui sont demandées. Nous verrons à nous assurer que le Québec demeure parmi les endroits en Amérique du Nord où les tarifs sont les plus compétitifs. À cet égard, il est utile de rappeler que le coût de l'électricité est de 6 ¢/kWh au Québec, de 12 ¢/kWh en Ontario et de 22 ¢/kWh à New York.

Emplois couteux

M. Arcand,

Les nouvelles industries que vous vous proposez d'attirer ne paieront guère plus de 5 cents le kWh. Or, La Romaine, les minicentrales et les éoliennes nous coûtent entre 6,2 et 14,9 cents le kWh. Par ailleurs, compte tenu des surplus, chaque emploi créé dans l'éolien nous coûte plus de 125 000 $ par année. N'est-il pas temps de reporter les nouveaux développements énergétiques ?

- Francis Vailles, La Presse

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